Présidentielle : “Je ne peux marcher à côté de mon ombre devant la présence du FN au porte du Pouvoir”… Bally BAGAYOKO

DEBAT D’ORIENTATION BUDGETAIRE : DOIT ON REPONDRE AUX BESOINS DE LA POPULATION, TENIR NOS ENGAGEMENTS, MALGRE LES DIFFICULTES RENCONTREES OU RENONCER, TELLE EST LA QUESTION ? Bally BAGAYOKO

Intervention lors du 
DÉBAT D’ORIENTATION BUDGÉTAIRE 2016

Mes chers collègues,

Ce débat d’orientation budgétaire doit nous permettre, au-delà de la seule année 2016, d’examiner la politique budgétaire économique de notre collectivité à l’horizon 2020. A l’heure où nous envisageons l’avenir de notre ville dans un contexte mondial et national difficile, il est indispensable de réaffirmer les fondamentaux politiques qui ont prévalue dans cette ville, de Auguste Gillo à Didier Paillard en passant par Marcelin BERTHELO à Patrick BRAOUEZEC :

  • Répondre inlassablement aux besoins de la population dans sa majorité quelques soient sa situation sociale et économique,
  • faire de la solidarité le cœur battant de nos actions,
  • sanctuarisation du service public comme levier essentiel de l’accès pour tous,
  • prévoir le développement de cette ville en garantissant à chacun de faire le choix d’y rester, d’y vivre et de prévoir l’avenir des jeunes générations
  • une ville populaire, de lutte et de projets

Ce sont ces idéaux qui continuent à rester le cap que nous suivons inlassablement hier comme aujourd’hui, dans un contexte difficile. Avec un État absent, qui a décidé de mettre les deux genoux au sol et de s’attaquer à tout ce qui est le garant de la cohésion sociale et économique d’une société en laissant dans l’indifférence, un ensemble de personnes. Ces personnes à juste titre s’estiment être les oubliés de la République que nous appelons tous de nos vœux. Cette République émancipatrice, aidante, solidaire, fraternelle et égalitaire. Tout ce qui manque aujourd’hui au gouvernement socialiste en place depuis 2012 et qui en très peu de mois, a obtenu une réussite. Celle de lever le tsunami de l’indignation chez le peuple de gauche, chez les syndicalistes, dans les associations, dans la jeunesse, chez les travailleurs, les cadres moyens, les sans abris, les retraités…

C’est dans ce contexte que notre débat d’orientation s’inscrit et doit prendre en compte !

Nous avons, évidemment une équation difficile à tenir. A savoir préparer le budget 2016 dans un contexte de crise mondiale à laquelle il nous faut faire face, tout en résistant à des choix économiques supranationaux qui génèrent des difficultés toujours plus grandes pour les ménages, d’un côté.

Et de l’autre, résister et combattre les décisions antisociales, anti-cohésion sociales, prises au niveau de l’Europe où l’ensemble des politiques menées veulent obliger les économies nationales à la réduction des déficits budgétaires plutôt qu’au maintien et à l’amélioration des conditions de vie des citoyens-ennes. Les choix nationaux opérés en réponse à ce contexte économique dégradé et aux pressions européennes, rendent de fait, l’action des collectivités locales de plus en plus difficile.

Le plan de programmation pluriannuelle des finances locales prévoit, notamment de ponctionner plus de 12 milliards supplémentaires aux collectivités territoriales entre 2016 et 2018. Dans les faits cela se traduira au total par une perte cumulée de plus de 28 milliards d’euros.

Pour parvenir à la réduction des déficits publics, sous la fameuse barre des 3% fixée par le traité de Maastricht, la loi de programmation des finances publiques 2014-2019, veut contraindre les collectivités locales à marquer un coup d’arrêt dans la réponse aux besoins sociaux. Les moyens mis en œuvre à cette fin consistent à ponctionner, chaque année un peu plus, la Dotation Globale de Fonctionnement versée depuis les lois de décentralisation aux Régions, Départements, Commune et structures intercommunales.

C’est aussi à partir de cette réalité scandaleuse, que nous débattons de nos orientations budgétaires.

De tout temps cette ville à fait le choix d’une politique résolue de défense de l’investissement public, comme élément essentiel permettant de renforcer la cohésion sociale, le dynamisme économique, la vitalité culturelle et sportive de notre ville et désormais elle ambitionne de faire de la transition énergétique un atout utile pour les générations futures et la préservation de la planète dans une société évoluée et responsable.

Si notre ville est encore en mesure de continuer à progresser, à protéger, à prévoir, à investir et enfin à innover, c’est parce que nous n’avons jamais laisser de côté la nécessité d’avoir une gestion rigoureuse et attentionnée de l’argent public.

Aujourd’hui plus que jamais, devant le chemin de l’instabilité prôné par l’Europe et l’Etat, nous avons l’impérieuse obligation d’être encore plus prévoyant et inventif pour sauvegarder l’essentiel, à savoir notre modèle social et notre volonté commune de vivre ensemble de nos diversités, qui restent notre richesse ultime.

C’est aussi cela que le débat que nous avons ce soir fait transpirer.

L’inquiétude est grande et un récent rapport sénatorial indique que « la moitié, voire les deux-tiers des collectivités pourraient être dans le rouge en 2018. Un grand nombre d’entre elles, notamment les villes de plus de 10 000 habitants et les départements, pourraient se retrouver en situation de « double déficit », c’est-à-dire que leurs dépenses de fonctionnement seraient plus importantes que leurs recettes, et qu’elles seraient incapables de rembourser leur dette avec leurs ressources propres. En 2018…près de 40 % des villes de 10 à 50 000 habitants seraient dans la même situation catastrophique». Notre ville est aussi concernée et reste dans l’œil du cyclone libéral des ogres du capitalisme et de leur complice, les banques et la finance.

Depuis de nombreuses années malgré les difficultés financières, nous n’avons pas failli à nos responsabilités, j’en veux pour preuve les nombreuses réalisations antérieures dans un contexte tout aussi compliqué ( groupe scolaires, police municipal renforcée, bourse solidaire, extension de l’offre scolaire, créations supplémentaires de place en crèche, rénovation d’équipements sportifs, créations d’équipements socio-éducatifs, etc..)

Parmi les pistes que nous envisageons pour tenter de dompter un Etat-Sauvageon et faire la démonstration que nous ne lâcherons rien de nos idéaux, les orientations proposées me semblent essentielles et je m’en félicite.

Essentiel car :

– le service public outil de la cohésion sociale sera préservé et sera orienter au service du développement et de la réponse aux besoins des citoyens dionysiens-ennes

– une ville qui n’abandonne rien de ses origines populaires, en améliorant le cadre de vie, assume d’être solidaire dans une société individualiste et enfin se donne pour objectif premier et non négociable de faire respecter le cadre commun dans l’espace public,

– une ville ou le droit à l’éducation n’est pas juste des mots mais une lutte sans relâche, tout comme la prise en compte des besoins en matière sportive et culturelle, parce que nous avons toujours été une ville qui a su se distinguer dans ces domaines.

– un centre ville poumon populaire, s’inscrivant à la croisée des différents quartiers de notre ville, poursuivra sa transformation, sa rénovation afin d’être plus conforme aux usages qu’ils accueillent désormais.

Ces orientations sont essentielles :

  • pour tenir nos engagements pris devant la population (propreté, sécurité, emploi, service public, éducation, jeunesse, sport)
  • répondre aux besoins primordiaux,
  • moderniser le service public,
  • préparer l’avenir des futures générations,
  • la sauvegarde du service public, du pouvoir d’achat et des conditions d travail des agents
  • pour la production de logements, d’emploi local

Cependant, nous sommes devant une réalité scandaleuse. Il nous manque actuellement et au moment de notre débat d’orientation budgétaire entre 2,5 et 3 millions d’euros pour boucler le budget. Un manque majeur pour répondre le plus efficacement possible aux besoins de nos habitants, tout en maintenant un niveau d’investissement acceptable sans dégradation de la situation financière et sans hypothéquer l’avenir.

C’est cet exercice d’équilibriste, respectueux des deniers publics et des contributions économiques des ménages que nous devront réussir, lors du vote du budget à venir.

A cet étape de mon propos, je souhaite m’associer aux remerciements portés à l’endroit de nos agents, de nos cadres enfin de l’ensemble de notre administration, qui quotidiennement font fonctionner nos services publics, qui rendent crédibles les choix politiques que nous décidons ici. Leur logique de responsabilité, malgré une situation budgétaire complexe, a permis de dégager des marges financières qui viennent renforcer nos politiques publiques. La recherche nécessaire de faire évoluer nos services à destination de la population, doit aussi nous faire mesurer que nous entrons dans une zone de turbulence, où les économies possibles hier, ne seront plus possible demain, car nous sommes à la limite de l’exercice, au risques de ne plus être en mesure de répondre aux besoins de la population. Cela est inconcevable. .

Malgré ces efforts collectifs, devant l’acharnement de l’Etat Pitbull, le compte n’y ait pas. La frustration collective doit se transformer en résistance, en solution qu’il nous faudra bâtir en y associant à chaque étape les habitants. Je me réjouis de l’initiative que nous avons pris avec l’opération « Saint-Denis présent ses vœux à la République », qui a été un moment important et atypique de mobilisation citoyenne. Nous ne devons pas en rester là. Nous devons poursuivre la mobilisation, développer la pédagogie dans la population afin d’être encore plus nombreux pour vaincre l’adversaire. Nos conseils citoyens fraichement installées les espaces de démocratie participative devraient être les lieux privilégiés pour renforcer l’offensive populaire, nécessaire, pour des droits à un service public de qualité.

Pour l’ensemble de ces raisons et parce que les habitants attendent d’une ville de gauche des choix de gauche, nous devront tenir d’une main le maintien d’un fort niveau d’investissement pour répondre aux besoins et de l’autre main, garantir les financements pour y parvenir par nos luttes et notre gestion rigoureuse de l’argent public. C’est cela qu’attende nos habitants et c’est ce chemin dont nous ne devons pas nous écarter malgré les difficultés. Il serait irresponsable que d’expliquer seulement auprès de la population que nous ne pouvons plus répondre à ces aspirations légitimes. Il serait criminel par ce choix de renforcer les écarts entre les populations. Car ce choix implique d’être en incohérence avec les analyses socio-économiques que nous connaissons, de cette ville et donc nous placer définitivement dans le royaume du mensonge et de la trahison. Cela serait inacceptable pour moi. le débat ne peut être simplement sur le registre “pour ou contre le recours à la fiscalité”. Car sur cette question élémentaire chacun ici comme ailleurs connait la réponse collective? En revanche doit on ou pas répondre aux besoins de la population? Ou encore doit-on tenir nos engagements pris devant la population ? Ce sont les réponses à ces questions élémentaires, qu’ils nous faudra trancher très prochainement dans le cadre du vote du budget

J’ai l’intime conviction que la situation sociale n’invite pas à relâcher l’effort n’en déplaise à certains. Plus que jamais la prise en charge par les services publics de toutes les besoins utiles à l’ensemble de la population est une nécessité, car c’est cette fonction publique qui restera une garantie supplémentaire, donnée à la population, d’équité, de continuité, de non discrimination par l’argent à leur accès.

Aussi, nonobstant le contexte très difficile, il convient de tout faire, de tout mettre en œuvre, de n’écarter aucune solution (équilibrée) permettant de maintenir cette capacité à répondre à l’essentiel des besoins de notre population, de répondre à l’avenir des générations futures, sans recourir à des privatisations et donc en sanctuarisation le bien commun.

En réussissant cette traversée de tous les dangers, nous seront, ce que le poète Jean Marcenac disait : « les dignes héritiers de Saint-Denis, la ville des Rois morts, du peuple vivant».

Merci de votre attention..

Bally BAGAYOKO

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