ANRU III : préparer l’avenir, avec les habitants et à la hauteur des besoins !

Retour sur mon allocution lors de la Journée nationale de l’ANRU à Saint-Denis, devant près d’un millier de participants, parmi lesquels de nombreux maires venus de l’Hexagone et des Outre-mer. Accueillir cette journée à Plaine Commune avait tout son sens : notre territoire est l’un des plus importants territoires engagés dans le NPNRU. Avec 8 villes, 14 quartiers, 23 secteurs opérationnels, 940 M€ de concours de l’ANRU et 2,6 Md€ d’investissements, ce sont près de 150 000 habitants qui sont directement concernés par cette transformation.

J’ai rappelé que derrière les chiffres et les opérations, il y a d’abord des habitants et des parcours de vie. À Plaine Commune, 70 % du territoire habité est situé en quartier prioritaire et le taux de pauvreté atteint 36 % en 2026, jusqu’à 40 % dans les QPV. Dans ce contexte, le renouvellement urbain est une nécessité républicaine : il doit permettre de rattraper les inégalités territoriales, de renforcer les services publics et d’améliorer concrètement les conditions de vie. Avec près de 80 % des opérations déjà engagées, nous sommes pleinement mobilisés pour aller au bout du NPNRU, accompagner les habitants et poursuivre notamment notre engagement en faveur de la culture dans les quartiers.

Mais nous devons dès aujourd’hui préparer l’après-2030. Les premières annonces faites à Marseille ont ouvert la perspective d’un ANRU III doté de 5 milliards d’euros. Je l’ai dit clairement devant les élus : 5 milliards d’euros ne peuvent pas constituer le plafond de l’ambition nationale pour les quartiers populaires. Au regard des besoins accumulés, de la crise du logement, des enjeux climatiques, sociaux et de services publics et de l’ampleur des transformations à conduire, cette enveloppe doit être réévaluée. Il faut donner à l’ANRU III des moyens à la hauteur de ses ambitions et une programmation pluriannuelle sécurisée. Nous ne pouvons pas demander aux territoires de se projeter jusqu’en 2040 avec des moyens qui ne seraient pas à la hauteur des besoins. C’est pourquoi j’ai appelé à l’inscription de l’ANRU III dans le calendrier législatif, avec un cadre clair, des moyens renforcés et une véritable visibilité pour les élus et les habitants.

J’ai également défendu une nouvelle ambition : « Ensemble, refaire la ville pour un ANRU à 360° ». Le renouvellement urbain ne peut pas se limiter à démolir, reconstruire ou réhabiliter. Il doit partir des besoins des habitants : logement, services publics, santé, transports, espaces verts, confort d’été, sécurité des cheminements, handicap, vieillissement, place des enfants et des jeunes. Les habitants doivent être pleinement acteurs de la transformation de leur quartier et les élus locaux davantage accompagnés et responsabilisés. Transformer le bâti, oui, mais sans déplacer les habitants, sans réduire l’accès au logement et sans faire de la mixité sociale un prétexte à la gentrification.

Une précision que je n’ai pas pu développer durant la matinée, les débats se poursuivant en séance : la position du groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale ne remet aucunement en cause la nécessité d’un ANRU III. Elle appelle à clarifier ce que doit être ce troisième programme et les moyens qui doivent lui être consacrés. Le groupe n’a pas déposé d’amendement de suppression de l’article 1er : il a cherché à l’amender pour faire de la réhabilitation, de la rénovation et de la construction de logements sociaux une priorité par rapport aux démolitions, et pour garantir une association réelle des habitants à toutes les étapes des projets. Faute d’avoir obtenu les garanties et modifications demandées, les députés du groupe ont voté contre l’article 1er. Cette position ne signifie donc pas « pas d’ANRU III ». Elle signifie vouloir un ANRU III avec davantage de moyens, davantage de garanties pour les habitants, davantage de rénovation et de production de logements accessibles, et une véritable ambition de justice territoriale.

Je veux également réaffirmer mon désaccord constant avec celles et ceux qui veulent remettre en cause la loi SRU. Depuis 2000, la loi Solidarité et renouvellement urbains poursuit un objectif essentiel : favoriser la solidarité entre les territoires, développer l’offre de logements sociaux et lutter contre la concentration de la pauvreté et les phénomènes d’entre-soi. Son article 55 impose ainsi à certaines communes des objectifs minimaux de logements sociaux, fixés généralement à 25 %, ou à 20 % dans les territoires moins tendus. Dans un pays qui manque de logements accessibles, nous devons renforcer cet objectif de solidarité, pas l’abandonner. Je condamne donc clairement la volonté désormais assumée par l’extrême droite de supprimer la loi SRU. Marine Le Pen a annoncé en septembre 2026 vouloir son abrogation. Pour moi, supprimer la SRU reviendrait à renoncer à un principe simple : chaque commune doit prendre sa part dans l’effort national de solidarité et permettre à des familles, des salariés, des jeunes et des personnes modestes de pouvoir se loger dignement sur l’ensemble du territoire. La République ne peut pas organiser des territoires où certains auraient vocation à accueillir les logements sociaux et d’autres à s’en exonérer. Nous devons construire davantage de logements sociaux, mieux les répartir et faire respecter la solidarité territoriale.

Refaire la ville, c’est transformer le bâti, mais c’est surtout protéger, accompagner, donner des droits et replacer l’humain au cœur des projets urbains.

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#AlloBally n°6 – 18 septembre 2026

Les questions posées dans ce live : 00:01 : Introduction du Maire 5:30 : Comment on fait pour récupérer son vélo ? 6:20 : Est-ce que c’est vrai qu’on a