Budget 2027 : les collectivités et les habitants ne doivent pas être la variable d’ajustement !

En tant que maire et président de Plaine Commune, je veux exprimer une profonde inquiétude face aux orientations annoncées pour le budget de l’État 2027.

Le gouvernement annonce un effort budgétaire de 54 milliards d’euros pour 2027, avec l’objectif de ramener le déficit public à 5 % du PIB. Il demande également aux collectivités de contenir la progression de leurs dépenses de fonctionnement.

Mais derrière les milliards et les tableaux budgétaires, il y a une réalité très concrète : des communes, des intercommunalités et des départements qui doivent continuer à faire vivre les services publics, investir dans les écoles, les crèches, les équipements sportifs et culturels, la transition écologique, l’entretien de l’espace public, la solidarité et la qualité de vie des habitants.

Depuis 2025, les collectivités sont déjà mises à contribution

Il faut rappeler la succession des mesures prises ces dernières années.

En 2025, le budget de l’État a demandé 2,2 milliards d’euros d’effort aux plus grandes collectivités locales. Le Fonds vert destiné aux investissements écologiques a également été réduit par rapport à 2024.

En 2026, les collectivités ont de nouveau été associées au redressement des comptes publics. La loi de finances prévoit notamment une participation de 2 milliards d’euros, le maintien du DILICO à hauteur de 740 millions d’euros, ainsi qu’une réduction de certaines compensations versées par l’État. La DGF, elle, est maintenue à son niveau de 2025, sans revalorisation.

La Cour des comptes a elle-même relevé en 2026 que les collectivités avaient été mises à contribution en 2025 à travers plusieurs mécanismes : hausse des cotisations employeurs territoriaux, gel d’une partie de la TVA affectée, réduction de prélèvements sur recettes et baisse de certaines dépenses de l’État en faveur des collectivités.

Et maintenant, pour 2027, on nous demande une nouvelle fois de freiner nos dépenses.

Cela suffit.

À Plaine Commune, nous savons ce que cela signifie :

Limiter les moyens des collectivités, ce n’est pas simplement demander à des administrations de faire des économies.

C’est prendre le risque de retarder des investissements, réduire des services, reporter des travaux, fragiliser les politiques de solidarité et rendre plus difficile la réponse aux besoins quotidiens de la population.

Dans un territoire comme Plaine Commune, où les besoins sociaux, éducatifs, environnementaux et de logement sont considérables, nous ne pouvons pas accepter que la réponse soit toujours la même : demander davantage d’efforts aux collectivités qui sont pourtant au plus près des habitants.

Les collectivités ne sont pas responsables de la dérive des comptes publics de l’État.

Et surtout, les habitants ne doivent pas payer deux fois : une première fois par les conséquences des restrictions budgétaires nationales, une seconde fois par la dégradation des services publics locaux.

L’État doit respecter les collectivités

Nous avons besoin d’une relation nouvelle entre l’État et les collectivités territoriales.

Les collectivités doivent disposer de ressources stables, prévisibles et dynamiques, leur permettant de programmer leurs investissements sur plusieurs années.

Nous devons pouvoir construire des écoles, rénover nos quartiers, développer les transports, accélérer la transition écologique, soutenir la culture et le sport, agir pour la jeunesse et renforcer les services publics sans découvrir chaque année, au détour d’une loi de finances, une nouvelle ponction ou une nouvelle contrainte.

La Cour des comptes souligne d’ailleurs que l’absence de visibilité pluriannuelle sur la contribution demandée aux collectivités complique la programmation de leurs projets d’investissement.

C’est une question de démocratie locale : quand les citoyens élisent leurs maires et leurs conseillers locaux, ils doivent pouvoir leur donner les moyens d’agir.

En 2027, il faudra changer de politique

Face à cette situation, je considère qu’il est urgent de changer de cap.

Nous ne pouvons pas continuer avec une politique qui demande toujours davantage d’efforts aux collectivités et aux populations, tout en affaiblissant progressivement les moyens d’action des services publics.

Pour ma part, je souhaite une autre orientation politique pour notre pays.

Je souhaite que l’élection présidentielle de 2027 permette de rompre avec cette logique et d’ouvrir une nouvelle période politique.

C’est pourquoi je souhaite, à titre personnel et politique, l’élection de Jean-Luc Mélenchon à la présidence de la République et la mise en place d’un gouvernement portant une politique nouvelle pour les services publics, les collectivités et les habitants.

Cette orientation doit notamment reposer sur une conviction simple : les communes et les intercommunalités ne sont pas une charge pour la République. Elles sont une richesse et un outil essentiel de l’égalité républicaine.

Nous avons besoin d’un État qui fasse confiance aux élus locaux, qui garantisse leurs ressources et qui accompagne leurs investissements plutôt que de leur demander, année après année, de faire plus avec moins.

Défendre les collectivités, c’est défendre les habitants

À Plaine Commune, nous continuerons à défendre nos services publics, nos investissements et notre capacité à agir pour les habitants.

Parce que derrière chaque ligne budgétaire, il y a une école, une crèche, un équipement sportif, une médiathèque, un espace vert, un logement, un agent public, une association, un jeune, une famille.

Défendre les collectivités, c’est donc défendre concrètement la vie quotidienne de millions de Français.

En 2027, le choix sera aussi celui-là : voulons-nous continuer à affaiblir les moyens d’action des collectivités ou voulons-nous leur redonner les moyens de construire l’avenir ?

Pour ma part, je fais le choix de la solidarité, des services publics, de l’investissement local et d’une République qui donne aux collectivités les moyens d’agir.

Il est temps de changer de politique.

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