J’ai écrit au Préfet pour exiger la remise en liberté des jeunes interpellés.

Je lui demande trois choses : la libération des jeunes placés en garde à vue, un examen individualisé de chaque situation, et des vérifications sérieuses sur toutes les allégations de violences.

Il y a urgence. Ce matin, à l’aube, une délégation du Barreau de Seine-Saint-Denis a visité le dépôt du tribunal de Bobigny. Ce qu’elle y a constaté est indigne de notre République.

Des mineurs, dont plusieurs venus de Saint-Denis, ont passé la nuit sans matelas, enroulés dans des couvertures de survie, sur des banquettes trop courtes pour s’allonger. Des adolescents tremblaient de froid. Des déchets et des bouteilles d’urine se trouvaient dans les cellules avant même leur arrivée. Des jeunes filles manquaient de protections périodiques. Des familles ne savent toujours pas si elles ont été prévenues. La veille, 86 personnes étaient détenues au dépôt, pour dix matelas.

Voilà le traitement réservé à une jeunesse qui se mobilise pour son avenir et pour son école.

Je le dis clairement : on ne répond pas à un mouvement lycéen par des interpellations en série et des nuits au dépôt. Quand l’enquête l’exige, une convocation suffit. L’humiliation ne sera jamais une politique d’ordre public.

À Saint-Denis comme à Pierrefitte-sur-Seine, aucun jeune ne restera seul. Aux familles, aux enseignants et aux lycéens mobilisés, je veux dire que la Ville est à vos côtés. Nos élus et nos services restent pleinement mobilisés pour vous accompagner.

La dignité de nos enfants n’est pas négociable.

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L’ACHARNEMENT N’A PLUS DE LIMITES

Les révélations publiées hier soir par Mediapart sont d’une gravité exceptionnelle. Dans des échanges écrits datés du 18 octobre, un commissaire du renseignement territorial le dit sans détour : «