Bally Bagayoko - LFI Saint Denis - Stade de France

Stade de France : un nouveau concessionnaire… pour quelles garanties ?

Le 4 août 2025 marque un tournant dans l’histoire du Stade de France : la société GL Events a pris officiellement la gestion de cet équipement emblématique, à l’issue d’une procédure longue, contestée, mais validée par la justice.
Si le maire de Saint-Denis et président de Plaine Commune, Mathieu Hanotin, présente cette décision comme une victoire, nous y voyons au contraire un sujet majeur d’inquiétude démocratique, sociale et urbaine.

Un équipement prestigieux, au cœur d’un territoire populaire !
Depuis sa construction en 1998, le Stade de France a accueilli des événements de portée mondiale : Coupe du Monde de Football, Jeux Olympiques, concerts d’artistes internationaux, compétitions sportives majeures.
Mais il est situé dans un quartier dense, vivant, populaire, dont la vie quotidienne est directement impactée par sa gestion : mobilités, nuisances, sécurité, propreté, accès à l’espace public.

Une procédure opaque, des choix contestables !
La désignation de GL Events a été juridiquement contestée par le consortium sortant (Vinci–Bouygues), qui a soulevé :
• des inégalités de traitement dans la procédure,
• des capacités techniques et financières limitées du nouveau gestionnaire,
• des conditions contractuelles très avantageuses,
• le rôle trouble de certains partenaires publics et privés.

Le recours a été rejeté, mais les inquiétudes demeurent :
• 120 M€ d’investissement annoncés, contre 400 M€ proposés par l’ancien groupement ;
• forte augmentation du nombre d’événements (jusqu’à 40 par an) pour rentabiliser la concession ;
• aucune rénovation lourde ni innovation architecturale prévue.
Nous faisons face à une logique court-termiste : faire du volume, au lieu de penser un projet adapté aux enjeux sociaux, urbains et environnementaux du territoire.

Un projet au service de la gentrification
Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large, portée par l’actuelle majorité municipale et communautaire (socialiste et écologiste) : hôtel 4 étoiles à Pleyel, “pôle loisirs et hospitalité”, piste de BMX…
Cette orientation vise à faire du territoire une destination touristique et événementielle, en attirant les clientèles de passage et les acteurs du Grand Paris.
Mais derrière les discours de “rayonnement” et “d’attractivité”, la réalité est celle d’une gentrification programmée, avec :
• une explosion des prix dans les commerces de proximité (restaurants, boulangeries, services),
• une offre de plus en plus déconnectée des besoins des résident·es,
• un espace public reconfiguré pour les flux événementiels, au détriment de la vie de quartier.
Ce modèle exclut progressivement celles et ceux qui font vivre Saint-Denis au quotidien.

Des contreparties largement insuffisantes !
Le “deal” accepté par Plaine Commune prévoit :
• 15 000 € par événement pour le nettoiement (environ 600 000 € par an),
• une redevance commerciale pour l’occupation temporaire de l’espace public.
Mais ces montants restent largement insuffisants pour compenser :
• les nuisances sonores, logistiques et sécuritaires,
• la saturation des transports,
• l’impact sur la tranquillité et la qualité de vie des riverain·es.

Une démocratie locale ignorée ?
Les habitant·es, associations, usager·es, communes voisines n’ont, à ce jour, pas été véritablement associés à la définition de cette nouvelle étape pour le Stade de France.
Plusieurs questions demeurent sans réponse :
• Des clauses sociales claires et contraignantes en matière d’emploi et d’insertion locale sont-elles prévues dans le contrat ?
• Y a-t-il une véritable coordination entre les engagements de GL Events et la DSP (Délégation de Service Public) des abords du stade, pilotée par Plaine Commune ?
• Pourquoi n’y a-t-il pas eu de concertation renforcée avec les collectifs locaux, l’Association des Riverains du Stade de France, ou encore les acteurs de terrain ?
Autant de points qui méritent transparence et débat, car ce sont bien les résident·es qui vivent les conséquences de cette politique de densification événementielle.
Par ailleurs, la convention qui liait l’ancien gestionnaire du stade aux riverains – en particulier via l’Association des Riverains du Stade de France – doit impérativement être renégociée avec GL Events.
Elle doit évoluer pour devenir un véritable outil de régulation locale, avec des engagements précis et contraignants en matière de tranquillité publique, de propreté, d’information et de prise en compte des nuisances.

Un quartier à taille humaine, construit avec ses habitant·es !
Face à cette logique descendante et spéculative, nous salutons le travail précieux des acteurs associatifs, des collectifs de quartier, et en particulier :
• l’Amicale des locataires du Gai Logis, mobilisée pour défendre un cadre de vie digne et accessible ;
• l’Association des Riverains du Stade de France, qui œuvre depuis des années à faire entendre la voix des résident·es face aux effets des grands événements.
Leur rôle doit être renforcé, institutionnalisé et respecté, afin de construire un quartier à taille humaine, où l’on vit, et non un territoire à exploiter.
Ce projet illustre un glissement préoccupant :
• de la solidarité vers le spectacle,
• du service public vers la logique de marché,
• de la démocratie participative vers la communication institutionnelle.
Il repose sur des promesses économiques sans garanties ni transparence, avec des risques lourds pour le tissu social local.
Nous exigeons que la gestion du Stade de France se fasse dans l’intérêt des habitant·es, pas dans celui des actionnaires.
Cela suppose :

  1. La publication complète du contrat de concession, des annexes financières et des engagements pris.
  2. La création d’un comité de suivi indépendant, incluant riverain·es, associations, syndicats et collectivités.
  3. L’adoption d’une charte territoriale contraignante, imposant :
    • des objectifs chiffrés en matière d’emploi et d’insertion locale,
    • des clauses sociales et environnementales obligatoires,
    • un plan de régulation des nuisances et de coordination urbaine.
  4. Un moratoire immédiat sur l’augmentation du nombre d’événements, tant qu’aucune évaluation collective n’a été menée.
  5. La renégociation de la convention avec les riverains, incluant des engagements précis de GL Events, et un suivi régulier.

Quelle ville voulons-nous vraiment ?
Souhaitons-nous une ville transformée en vitrine événementielle, au service des intérêts privés ? Ou une ville populaire, solidaire, respirable, construite avec celles et ceux qui y vivent ?
Le Stade de France ne doit pas devenir un levier de spéculation et d’exclusion.
Il doit redevenir un bien commun, géré dans la transparence, au service de l’intérêt général.
Il ne s’agit pas d’une opposition de principe ou stérile. L’arrivée d’un nouveau gestionnaire peut être une opportunité réelle pour améliorer la vie des habitant·es – à condition que les décisions soient prises avec eux, et pour eux. Il est encore temps de faire de cette transition une chance, plutôt qu’une contrainte de plus.

Le 21 août 2025

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