Adama Traoré : « Aujourd’hui, on pleure des larmes de haine. Tant qu’il n’y aura pas de justice, on ne pourra pas faire autrement. » par RFI

Adama Traoré : « Aujourd’hui, on pleure des larmes de haine. Tant qu’il n’y aura pas de justice, on ne pourra pas faire autrement. » par RFI

Adama Traoré a été inhumé au Mali ce dimanche. La mort du jeune homme âgé de 24 ans, interpellé à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise), avait provoqué plusieurs nuits d’affrontements entre les forces de l’ordre et des jeunes réclamant « la vérité ». Ses proches estiment qu’il est mort d’asphyxie.

La cérémonie a duré une heure. Après la prière a la mosquée, la dépouille d’Adama Traoré a été inhumée dans le cimetière de Kalabancoro, non loin de Bamako. Une cinquantaine de personnes, essentiellement des amis de la famille, ont assisté aux funérailles.

La pluie est tombée toute la journée sur Bamako. Un bon présage, selon Assa Traoré, la sœur d’Adama, qui a fait le déplacement depuis la France. C’est le signe, dit elle, que les portes du paradis s’ouvrent devant lui.

Assa Traoré n’a pas caché sa colère devant les atermoiement de la justice française : « le mot bavure est trop faible pour décrire tout ce qu’on nous avons vécu, une succession de mensonges de la part du procureur », dénonce t-elle, avant de pointer du doigt le manque d’implication du Mali dans cette affaire. « Il faut simplement que justice soit faite, que l’on puisse faire notre deuil ».

Toutes les personnes présentes à la cérémonie avaient ce mot à la bouche, et malgré les démêlés avec la justice, tous veulent croire que la France restera un Etat dans lequel « Adama aura les mêmes droits qu’un autre ».

Bouna a les lèvres qui tremblent et les mains pleines de terre ocre. Il vient d’enterrer son oncle, Adama Traoré, à Bamako. Il ne l’a vu « qu’une fois, au Mali », comme la majorité des gens qui ont assisté aux funérailles de ce jeune homme de 24 ans, mort dans des circonstances controversées, lors d’une interpellation le 19 juillet dans le Val-d’Oise. « Je connaissais son père, depuis des années. J’étais présent à son enterrement. Je viens ici soutenir la famille », explique Mohammed, drapé dans un beau bazin vert foncé.

Adama Traoré n’a pas grandi au Mali. Qu’importe, la solidarité et les racines familiales sont des motivations suffisantes pour la cinquantaine de personnes présentes ici. La pluie battante ne s’est pas arrêtée de la journée. Elle se mêle aux larmes, rince les mains et les visages de ceux qui viennent d’inhumer le jeune homme. « La pluie, c’est un beau présage. Cela signifie que les portes du paradis vont s’ouvrir devant lui », affirme Assa Traoré, sa sœur, qui a fait le déplacement depuis Paris.

« On voulait qu’Adama puisse être enterré pas loin de notre père. » C’est chose faite, il repose désormais dans le cimetière de Kalabancoro, un quartier en périphérie de Bamako. Assa Traoré parle avec une voix amère, emplie de colère :

« Aujourd’hui, on pleure des larmes de haine. Tant qu’il n’y aura pas de justice, on ne pourra pas faire autrement. »

Avec rfi et Le Monde

En savoir plus ici : http://www.afriqueconnection.com/article/08-08-2016/mort-dans-des-circonstances-obscures-dans-un-forgon-de-gendarmerie-%C3%A0-paris-adama-traor%C3%A9-%C3%A9t%C3%A9-inhum%C3%A9#sthash.w9CtVxLr.Hep3hxlN.dpbs

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