CRISE AU CONSULAT DU MALI : “La crise de confiance installée doit désormais pouvoir laisser place à l’action concrète afin de permettre le retour du droit pour les ressortissants maliens et les soutiens.” Bally BAGAYOKO

CRISE AU CONSULAT DU MALI : “La crise de confiance installée doit désormais pouvoir laisser place à l’action concrète afin de permettre le retour du droit pour les ressortissants maliens et les soutiens.” Bally BAGAYOKO

2016 laisse place à 2017 sur un symbole de résistance pour les ressortissants Malien. En effet depuis plusieurs jours le consulat du Mali à Paris est occupé depuis le 23 décembre 2016 par le collectif « Mains Propres ». Cette occupation légitime fait suite à deux problématiques majeures qui touchent de près la dignité du peuple Malien.

Le premier porte sur les difficultés majeures auxquelles sont confrontées les ressortissants Maliens dans leur relation avec les autorités consulaires : absence d’information, suspicion de corruptions, délais incompréhensibles d’instruction et de traitement des cartes NINA et des passeports, mauvais calibrage des moyens humains pour absorber la charge de travail au consulat, les foyers ne peuvent être des annexes de l’administration consulaire, une qualité d’accueil médiocre, système de clientélisme,.. Autant de qualificatifs, pas moins de 17 mesures, qui motivent l’exaspération des ressortissants Malien et des collectifs de soutien et sonnent le top départ de l’indignation et du « Y’en a marre ». A ce lot de désorganisation administrative, se cache une réalité supérieure, celle de mettre en péril le droit des ressortissants aux yeux des autorités internationales et donc Françaises. En effet l’absence de délivrance de la carte NINA, se sanctionne par une impossibilité d’établir les passeports biométriques et donc plonge de fait des milliers de maliens dans la clandestinité et dans l’incapacité à faire valoir les droits associés à la carte NINA, en particulier le renouvellement des cartes de séjour.

Ce premier point est suivi d’un second qui prend sa source avec la reconduction de deux ressortissants maliens sur la base de documents administratifs Européens, le 28 décembre dernier. Cette disposition ayant été refusée par les autorités maliennes, s’est conclue par le renvoi en France des deux ressortissants. C’est de cette situation qu’est née une polémique autour de la question de la réadmission des sans-papiers maliens. Polémique accentuée via un tweet de Bert KOENDERS, ministre des affaires étrangers des Pays Bas, au sorti de son séjour de Bamako, qui indiquait « que le gouvernement Malien avait signé un accord de réadmission de ces sans-papiers en Europe avec l’Union Européenne ». Affirmation démentie aussitôt par les autorités maliennes, qui nient de manière définitive l’existence d’un accord. Car derrière ce soi-disant accord se cacherait de la part des autorités Européennes, une stratégie visant à contourner la « lenteur » dans la délivrance des laissez-passer maliens, nécessaires pour l’expulsion des sans-papiers maliens, des pays européens. L’union Européenne avait pris la décision unilatérale d’établir des laissez-passer dits « Européens » afin de permettre et d’accélérer les retours dans les pays d’origines. C’est précisément cette démarche qui a été condamnée par l’association « Mains propres », qui demande à l’Etat Malien de clarifier sa position sur le sujet et le cas échéant de ne pas signer cet accord.

Dans le cadre d’une visite de crise, avec mon collègue Fodhil HAMMOUD,  j’ai eu l’occasion de rencontrer vendredi 30 décembre à la bourse du travail de Saint-Denis, le Ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires Foncières Mohamed Ali Bathily, mandaté par le Président de la République du Mali pour trouver une solution à la première crise et apporter la position du gouvernement du  Mali sur la question de la réadmission. Ce dernier avait répondu présent à l’invitation des différentes associations maliennes afin de répondre en direct à leur préoccupation. Lors de nos échanges, je lui ai rappelé ma consternation devant la situation du consulat et le fait que j’ai rencontré dans le cadre de mes audiences de nombreux ressortissants maliens qui sont en difficultés dans l’accès à leur droit élémentaire et que cela non seulement était inacceptable mais devait trouver une issue sans délai. Je lui ai aussi indiqué que je prendrai part à toutes actions permettant de contribuer à retrouver un service public consulaire digne de ce nom en France et respectueux des ressortissants.

Il confirmera et précisera ensuite devant une assemblée de plus 500 personnes, les points suivants de manière très claire et dans un style direct, traduit simultanément en langue nationale afin de ne laisser aucune interprétation possible :

  1. Renforcement des moyens humains et matériels pour rétablir le droit des ressortissants maliens et précèdera à la délivrance des cartes NINA et des passeports, sur des volumes renforcés
  2. Restructuration de l’ambassade et du consulat, sans délai.
  3. pas question pour le gouvernement malien d’accepter des reconduites avec des laissez-passer européens, seuls les documents maliens font foi et seront valables
  4. Mise en garde des compagnies aériennes qui s’affranchiraient de cette disposition et qui accepteraient de transporter « les refoulés »
  5. Confirme que le sujet reste actif entre l’Union Européenne et les autorités maliennes, mais confirme qu’aucun accord n’a à ce jour été établit
  6. Confirme qu’il mettra tout en œuvre afin de sortir de la crise au niveau du consulat, cela sans délai et qu’il rencontrera l’ambassadeur et les membres du collectif « Mains Propres ».

La crise de confiance installée doit désormais pouvoir laisser place à l’action concrète afin de permettre le retour du droit pour les ressortissants maliens et les soutiens. Tout mon soutien va à l’endroit des résistants en particulier le collectif « Mains Propres », à l’ensemble des soutiens, aux élus-es de la CEFOM et en particulier au ministre Mohamed Ali BATHILY, qui doit réussir à transformer cette crise de confiance en un espoir durable pour tous et toutes. Ce sont mes premiers souhaits pour l’ensemble des ressortissants maliens-nes pour cette entrée dans la nouvelle année 2017. Le « Mali reste un et indivisible » ne peut être juste un slogan, il doit se vivre en acte et dans la durée. C’est aussi ce second souhait que j’exprime avant de finir par des vœux de santé et de prospérité pour chacun et chacune.

 

Bally BAGAYOKO

Maire-Adjoint

Membre de la CEFOM

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