Lors du Grand débat municipal LGBTQIA+ organisé le 5 mars à Saint-Denis et Pierrefitte, j’ai rappelé une conviction simple : notre ville doit être un espace de liberté, d’égalité et de protection pour toutes et tous.
Face à la montée de l’extrême droite et des discours réactionnaires, nous devons tenir une ligne claire : Saint-Denis et Pierrefitte doivent rester des villes antifascistes et devenir pleinement des communes refuges pour les personnes LGBTQIA+, pour les personnes discriminées et pour toutes celles et ceux qui subissent les oppressions.
Notre programme a été construit avec les personnes LGBT et queer, premières concernées. En tant que candidat, j’ai la responsabilité d’intégrer leurs revendications et de mettre en œuvre ce programme ambitieux pour notre ville.
Il repose sur deux principes fondamentaux : l’autodétermination des personnes et l’égalité des droits.
Notre projet s’inscrit dans une démarche résolument intersectionnelle, antiraciste, antipatriarcale et anticolonialiste. Ces luttes sont liées : elles combattent à la fois les violences liées au genre et à la sexualité, le racisme systémique et les logiques de classe qui produisent précarité, exclusion et invisibilisation.
Nous voulons passer des symboles aux actes. Trop souvent, les politiques publiques se limitent à des événements ou à des déclarations d’intention. Nous voulons agir concrètement sur les conditions de vie des personnes LGBTQIA+, notamment dans les quartiers populaires.
Agir contre les LGBTphobies, c’est aussi assumer de défendre les services publics partout et refuser les politiques antisociales et austéritaires qui fragilisent les solidarités. Cela suppose de ne pas soutenir les mesures budgétaires portées par le gouvernement Lecornu – et validées par le groupe socialiste à l’Assemblée nationale – qui amputent les collectivités locales de plus de 4 milliards d’euros. Cela suppose aussi de refuser une logique où les politiques sécuritaires seraient prioritaires sur la réponse aux besoins fondamentaux : logement, santé, accès aux droits et protection sociale.
C’est pourquoi nous proposons plusieurs mesures structurantes.
Nous ouvrirons le premier centre communautaire LGBTQIA+ de banlieue, à l’échelle de Plaine Commune. Ce lieu rassemblera un espace de santé accessible à toutes et tous, y compris aux personnes allophones, des locaux pour les associations et des permanences d’accès aux droits. À l’heure où des centres ferment ailleurs, nous faisons le choix politique d’ouvrir un lieu de ressources dans une banlieue populaire.
Nous créerons également un office municipal de lutte contre les discriminations, chargé de combattre les discriminations racistes, sexistes et LGBTIphobes, notamment par des campagnes de testing et des actions de sensibilisation.
La santé sera une priorité : nous développerons une politique locale de prévention du VIH et des infections sexuellement transmissibles, faciliterons l’accès à la PrEP et soutiendrons des actions de réduction des risques face aux pratiques de chemsex, en lien avec les associations concernées. Le centre communautaire proposera également un accueil psychologique gratuit pour répondre aux enjeux de santé mentale.
Nous agirons aussi contre la précarité qui touche fortement les personnes LGBTQIA+, en particulier les jeunes rejeté·es par leur famille. Nous travaillerons avec les associations pour développer des solutions de relogement et renforcer l’accès aux services publics, au logement et aux droits.
Enfin, nous renforcerons le soutien aux associations locales et aux initiatives culturelles et militantes, notamment la Pride des banlieues et les projets portés par des jeunes queer. Nous engagerons également un travail de collecte et de valorisation des archives LGBTQIA+ de banlieue, afin que ces histoires et ces luttes soient reconnues.
Notre ambition est claire : faire de Saint-Denis une ville refuge, une ville qui protège, qui émancipe et qui lutte contre toutes les formes de discrimination.
Une ville où chacun et chacune peut vivre librement, dignement et sans peur.
Le 6 mars 2026





