ENTRE VRAIS  ENJEUX ET ENFUMAGE DES ESPRITS : PAR ROBERT CLÉMENT !

ENTRE VRAIS ENJEUX ET ENFUMAGE DES ESPRITS : PAR ROBERT CLÉMENT !

Je relaie ici un post et analyse de mon ami Robert Clément sur les sondages qui apparaissent ici ou la sur les élections présidentielles de 2017. Robert CLÉMENT est ancien Président du Conseil général de Seine-Saint-Denis de 1993 à 2004. Il fut conseiller général du canton de Romainville et ancien maire de Romainville de 1980 à 1998. Devant l’avalanche  des sondages réalisés sur la question des présidentielles à venir et après les résultats des élections régionales, j’ai été pris d’une envie de réagir et puis je suis tombé sur les écrits de Robert, que je partage totalement. L’analyse de nos anciens est toujours appréciable. Un grand merci à toi Robert pour ta contribution à la réflexion collective, qui m’inspire.

Bally Bagayoko

“ENTRE VRAIS ENJEUX ET ENFUMAGE DES ESPRITS”

Il peut arriver qu’au lendemain d’un réveillon de nouvel an, nous soyons pris d’un mal de tête. Si tel est le cas, je ne vous conseille pas de vous plonger dans une revue de presse accablante. Je m’y suis tout de même essayé et figurez-vous que le léger mal de tête s’est transformé en nausée. Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que la machine médiocratique se mette en marche pour cette dernière année nous séparant de l’élection présidentielle. Les titres sont tous du même acabit. Les français ne veulent plus de Sarkozy et de Hollande ! Valls est bien placé dans les sondages ! L’homme politique de l’année est Macron ! Alain Juppé est loin devant ! 76% des français ne souhaiteraient pas que Jean-Luc Mélenchon se présente au scrutin présidentiel ! 85% penseraient la même chose concernant Cécile Duflot ! Marine Le Pen est en embuscade ! Voilà à quoi se résumerait l’échéance de 2017. Pourquoi parler projet politique puisqu’à quelques nuances près, toutes et tous ne sortent pas des logiques du capital financiarisé ?

Cela augure bien de la bataille idéologique que les forces de la gauche de transformation sociale et écologique doivent engager dans l’année qui vient pour imposer le seul débat qui vaille : celui de la construction d’un projet alternatif, simple et crédible pour redonner consistance aux valeurs républicaines, pour convaincre de l’impossibilité pour notre société à perdurer sur des schémas inégalitaires, pour aider le monde du travail et de la création à retrouver espoir, courage et audace pour combattre les politiques au service de l’ordre capitaliste.

Les médias totalement voués à son service sont cependant conduits à prendre en compte l’aspiration au changement, même confuse, à laquelle aspirent nos concitoyens. Alors, VALLS pourrait être l’homme de 2022. Mais la palme va à Emmanuel MACRON. Le Figaro, vient de rendre son verdict le ministre de l’économie est la personnalité économique de l’année 2015, devançant largement ses dauphins que sont Mark ZUCKERBERG et Mario DRAHI. C’est peu dire !

Quoi d’étonnant de voir le journal de DASSAULT accordé sa palme à ce libéral assumé. Lui qui a été à la manœuvre dans l’élaboration du pacte de compétitivité. Lui qui a été si utile aux locataires de l’Élysée et de Matignon pour faire sauter les verrous idéologiques du PS. Lui qui est de tous les combats contre des 35 heures, le statut des fonctionnaires ou le travail des jeunes. Du coup il pourrait devenir le prochain sauveur suprême tant il est adoubé par la droite et les libéraux du PS. N’est-il pas pour reprendre la formule du journal en question, le meilleur ministre de L’économie de droite que la gauche a jamais eu ?

J’évoquais, le patron du Figaro en la personne de Serge DASSAULT. Il se trouve qu’aujourd’hui ce dernier nous gratifie d’un long article, sous la forme d’une présentation de ses vœux à ses lecteurs. Oui il s’agit bien de lui. Vous savez, celui qui est mis en examen pour « achat de votes » « complicité de financement illicite de campagne électorale » « financement de campagne électorale en dépassement du plafond autorisé. Celui qui serait récompensé en dédiant à son nom une partie de la rue Jean-Jaurès à Corbeil. À vomir !
Oui c’est lui qui ce matin, nous vend, d’une certaine manière, le programme de celui qui serait le prochain président de la République.

En voici quelques morceaux choisis :
« L’état d’urgence, prolongeons-là autant qu’il le faudra. »
« La déchéance de nationalité pour les binationaux est une autre évidence. »
« Un pays, une société a besoin pour vivre de toutes ses composantes, il faut des riches et des moins riches.
« Aucun pays au monde n’a jamais réussi en organisant la chasse aux riches. »
« Il convient de modifier de fond et comble notre régime fiscal, en supprimant l’ISF, et en transformant l’impôt sur le revenu, aujourd’hui progressif à taux variable, en un impôt proportionnel à taux fixe auquel seraient soumis tous les citoyens sans exception. »
« Il faut ensuite se décider à mettre en place une véritable flexibilité de l’emploi, seul moyen de faire reculer le fléau du chômage. »
« Il faut de toute urgence, supprimer l’horaire légal de 35 heures par semaine. »
« Si l’on veut remettre la France sur les rails, il faut le retour à la retraite à 65 ans. »

Et de conclure : La campagne présidentielle qui s’annonce verra-t-elle un candidat (ou plusieurs : je n’ai pas renoncé à rêver !) s’en emparer et les porter devant les français ? C’est le vœu que je forme pour cette nouvelle année. »

Ce long pensum n’est pas le fruit du hasard. Les tenants du capital financiarisé, s’appuyant sur les abandons successifs du pouvoir socialiste veulent pousser les feux plus loin pour en finir définitivement avec le modèle social et démocratique de notre pays, déjà bien mis à mal.

Tel est l’enjeu des présidentielles de 2017. C’est donc bien une autre période politique qui vient de s’ouvrir après les élections régionales. Les communistes et plus largement la gauche de transformation sociale et écologique se doivent de faire preuve d’une grande lucidité. Ils doivent sans tarder se mettre plus et mieux au service de ceux qui souffrent et aspirent à du neuf dans les luttes unitaires à mener. À faire du neuf pour construire un nouveau projet progressiste nourri d’actions prioritaires et de mesures urgentes pour sortir le pays du piège dans lequel on veut l’enfermer. L’espoir peut et doit renaître. Il le sera au prix d’immenses efforts pour être à l’écoute des forces citoyennes qui n’ont pas renoncé, des militants, pour engager sans tarder débats, actions, rencontres pour réinventer un nouveau pacte d’espoir. Il y a urgence, les forces au service des puissances d’argent ne nous attendront pas !

ROBERT CLÉMENT

Actualités

Me suivre sur Youtube

Currently Playing

Me suivre sur Facebook

Me suivre sur Twitter

Connexion

X