EUROPE : “DR Hollande veut rester dans le cadre des traités, nous on veut en sortir”……………

EUROPE : “DR Hollande veut rester dans le cadre des traités, nous on veut en sortir”……………

RETOUR PAR MON AMI ERIC COQUEREL SUR LE RENDEZ VOUS AVEC LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

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C’est la 3ème fois en un peu plus d’un an qu’avec Jean-Luc Mélenchon et Danielle Simonnet nous nous retrouvons dans la cour  de l’Elysée. En cet après-midi du samedi 25 juin, le contexte n’a rien à voir. Les deux autres rencontres avec François Hollande survenaient après les attentats de Charlie Hebdo et du Bataclan. Elles avaient donc lieu dans un temps de deuil national. Il reléguait naturellement le débat politique à plus tard.

Le moment est cette fois tout aussi historique mais il n’implique aucune pause de ce type. Au contraire. La sortie d’un des trois pays les plus importants de l’UE constitue un virage. Cette fois, même si dès samedi la propagande a commencé en Grande-Bretagne pour revenir sur ce vote, il semble impossible que le suffrage universel soit nié ou contourné comme il l‘avait été après les référendums en France et en Hollande en  2005 ou en Irlande en 2008.

Il y aura bien un avant et un après Brexit. Mon propos n’est pas ici de revenir en détails sur les différentes motivations du Brexit. Bien sur l’extrême-droite a joué sur la xénophobie, le racisme et le repli nationaliste le plus rance. Mais ce qui a donné une majorité au Brexit repose principalement sur le même fondement que le non français en 2005. Il est finalement simple : les peuples vivent l’UE comme source de bien plus d’inconvénients que d’avantages. Et pour cause, elle les met en concurrence à partir d’un seul critère : le nivellement par le bas des critères sociaux. L’UE promeut un dumping permanent à partir d’un libre échange « libéré » de toute harmonisation sociale et fiscale.  Elle a même été jusqu’à le développer en interne avec les directives sur les travailleurs détachés. Tout est fait pour abaisser le prix du travail au seul bénéfice de la rente financière. L’UE est ainsi devenu le cheval de Troie d’un capitalisme absolutiste. Il devient encore plus insupportable quand le chômage atteint un niveau historique.

La question est donc moins de savoir comment l’UE pourrait digérer le Brexit que d’anticiper le nom du prochain peuple à s’engouffrer dans la brèche dès que le suffrage universel lui en donnera la possibilité.

Le Brexit peut également être source d’un séisme géopolitique. Il augure peut-être d’un éclatement du Royaume-Uni. Au prétexte de rester dans l’UE,  l’Irlande du Nord renouvelle son souhait légitime d’être rattaché à l’Irlande du Sud, l’Ecosse réclame son indépendance et même Rajoy y va de son couplet en demandant le rattachement de Gibraltar à l’Espagne. Quand un tel éclatement peut survenir ailleurs, à commencer par l’Espagne avec la Catalogne, on voit bien quel autre effet domino pourrait découler du Brexit.

Face à ces bouleversements possibles, et pour partie certains, qu’allait donc nous dire François Hollande de la position et de propositions de la France?

La réponse tient en quatre lettres : rien. Ou pas grand chose. Flanqué de Manuel Valls, Jean-Marc Ayrault et Harlem Desir, François Hollande a introduit la conversation en une minute pour fixer les deux points à l’ordre du jour de la rencontre :

1 / que faire avec la Grande – Bretagne ?

2/ que faire au sujet de l’UE ?

Certes, dans cette courte introduction il nous aura donné sa position sur le rythme de la sortie effective de la Grande-Bretagne : « je pense plutôt qu’elle doit être effective et rapide ». Ce à quoi, Jean-Luc Mélenchon lui a fait remarquer qu’elle ne devait pas pour autant donner matière à représailles.

Certes, François Hollande a évoqué la possibilité de coopérations renforcées, au périmètre variable selon les thèmes, sur la sécurité et la politique industrielle ainsi qu’une plus grande intégration politique de la zone euro. Bref rien de nouveau sous le soleil mais des sujets dont l’avenir semble de toutes façons dépendre des discussions avec Berlin. Et rien, surtout pas la tonalité de François Hollande, ne nous a convaincu que les règles de vie du « couple » franco-allemand pourrait changer en cette dernière année de quinquennat. Elles sont connues : le Président de la République réfléchit, la chancelière décide.

François Hollande ne nous aura en réalité affirmé qu’une chose essentielle : il n’est pas pour un nouveau traité. Et de nous assurer que le document préparé actuellement par les cinq « présidents » Jean-Claude Juncker, Donald Tusk, Jeroen Dijsselbloem, Mario Draghi et Martin Schulz n’était qu’un simple « rapport », personne, explique-t-il, ne souhaitant s’embarquer dans un nouveau traité .

A partir de là, on comprendra que lorsque François Hollande nous a demandé quel avenir nous verrions pour l’UE, nous lui avons surtout répondu par politesse. Nous avons donc énuméré l’harmonisation sociale, écologique et fiscale par le haut, une plus grande souveraineté des parlements européens et nationaux mais en lui faisant remarquer que dans le cadre des actuels traités tout cela revenait à écrire une lettre au père Noël.

En 40 minutes d’entretien, nous n’en saurons pas plus. Nul n’était dupe : ces rencontres n’avaient de toutes façon d’autre bu que d’alimenter la communication élyséenne. François Hollande dira qu’il a consulté les partis mais c’est la position de Mme Merkel qui prévaudra. Rien n ‘indique d’ailleurs que François Hollande ne nous aie pas caché une ou deux propositions concrètes qui lui serviront à donner le change avant le sommet européen de la semaine prochaine histoire ce ne pas être taxé d’immobilisme. Après tout, la dernière fois que nous l’avions vu, en novembre, il avait pris garde de nous annoncer qu’il présenterait le lendemain, devant le congrès de Versailles, deux changements constitutionnels sur la déchéance de nationalité et l’Etat d’urgence.

En définitive, cette réception des différents partis, et principaux candidat-e-s à l’élection présidentielle de 2017, a pris des airs de lancement officieux de cette campagne sur la question Européenne. Une campagne au cours de laquelle il sera cette fois impossible de contourner la question. C’est en réalité 2017 qui constituera un  référendum sur l’Europe, projet contre projet. D’autant plus qu’en l’espace de quelques mois, les peuples des deux principaux membres de l’UE voteront : la France puis l’Allemagne.

On aura compris, que François Hollande réélu, les traités qui sont à l’origine de la désaffection des peuples pour l’UE ne changeront pas.

Nicolas Sarkozy a, lui, proposé les éléments d’un nouveau traité. Mais peut-on accorder la moindre confiance à l’un des deux parents du TSCG, le traité Merkozy, pour changer quoi que ce soit sur le cours libéral de l’UE ? La réponse est dans la question.

La proposition de de Jean-Luc Mélenchon est en définitive la seule réaliste : elle consiste à sortir des actuels traités européens dans le cadre desquels rien ne pourra changer. Jean-Luc Mélenchon élu, la France entamerait une négociation avec Berlin et Bruxelles sur la base d’un mandat issu du suffrage universel. Il ne s’agirait pas de réformettes, de « changer » les actuels traités, mais bien de donner un cap radicalement contraire à l’UE : une coopération entre les Etats pour une Europe du mieux disant social, écologique, démocratique. Soit la rupture avec l’austérité, l’ordo libéralisme, la politique monétariste reposant sur une BCE indépendante, les traités de libre échange type Tafta. Un nouveau traité de fait. Les chances de réussite ? Celles d’un rapport de force entamé par la 2ème puissance économique en Europe, bientôt le pays le plus peuplé qui trouverait immanquablement des alliés dans cette démarche à commencer par les pays méditerranéens. Mais surtout, celles d’un rapport de force sans balle à blanc : en cas d’échec de ce plan A, nos interlocuteurs connaitraient à l’avance notre plan B soit la rupture unilatérale avec les traités européens.

Plus rien ne sera comme avant. Le vieux Monde, dont Hollande fait partie, paraît n’en tirer aucune conséquence. La candidature de Jean-Luc Mélenchon et de France Insoumise  est en réalité la seule chance de sauver l’idée d’un projet de coopération européenne dont la sortie des traités est le préambule. L’Europe malgré l’UE en quelque sorte. Car une chose est sure, aucune Europe de progrès ne se construira dans le cadre actuel. Et à partir de là que vaut une construction européenne ? Les peuples répondent un à un : plus rien.

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