A Saint-Denis, le 7 mars 2016
Communiqué du groupe Front de Gauche et Partenaires du Conseil Municipal de
Saint-Denis

Non au désengagement du Conseil départemental envers nos crèches municipales !
Le Conseil départemental a annoncé la suppression des aides du Département aux crèches municipales lors de la présentation de son budget 2016. La suppression de cette aide, qui avait déjà été réduite de 16% en 2013, représenterait une perte sèche de 877 364 euros pour la Ville de Saint-Denis en 2016.

La Seine-Saint-Denis dispose d’un contingent de crèches bien plus faible que dans d’autres départements. Le Val de Marne compte par exemple 76 crèches départementales contre 55 dans notre département. Saint-Denis compte 12 crèches municipales sur les 14 crèches publiques présentes sur son territoire et se verrait ainsi gravement mise en difficulté par le Conseil départemental sur ce secteur. Elle est pourtant l’une des villes les plus impliquées de la Seine-Saint-Denis en matière d’accueil du jeune enfant. En effet, depuis janvier 2014, elle a
favorisé l’ouverture de 144 nouvelles places en crèches et verra la réalisation d’un projet d’accueil dans le quartier de la Plaine en 2018.

Alors que dans les autres villes de Seine-Saint-Denis, le Département est souvent le premier intervenant en matière de crèche, Saint-Denis, 1ère ville du territoire avec près de 110 000 habitants, ne dispose que de 2 crèches départementales de 120 berceaux. Ces deux crèches ne représentent que 15% des places proposées sur notre commune (contre plus de 20% à Montreuil, 40% à St Ouen et plus de 60% à La Courneuve et Bondy).

Pourtant, avec une croissance démographique très supérieure à la moyenne départementale et 32,4% de familles monoparentales avec enfants, notre ville connaît plus qu’ailleurs de forts besoins en matière d’accueil du jeune enfant. Sans les crèches municipales, Saint-Denis ne pourrait répondre aux besoins de sa population. Elles permettent de proposer des modes de garde à prix abordable pour toutes les familles, mais également de libérer du temps pour les
parents qui en ont le plus besoin (notamment pour les familles monoparentales, précaires ou en recherche d’emploi).

Par ailleurs, les crèches se situent principalement dans les quartiers prioritaires de la Politique de la Ville. Quartiers qui sont censés bénéficier d’une présence du service public plus importante qu’ailleurs. Dès lors, comment justifier ce désengagement ?
Nous estimons que cet abandon du Département vis-à-vis des crèches municipales est à la fois un recul et un signal très négatif vis-à-vis d’une ville vertueuse comme la nôtre qui a fait de l’action sociale et de la petite enfance une priorité.

Le groupe des élus Front de Gauche et partenaires de Saint-Denis demande à ce que le Conseil départemental ne sacrifie pas son soutien aux crèches municipales de Saint-Denis sur l’autel de l’austérité lors du vote de son budget le 10 Mars 2016.