[# MELENCHON ECRABOUILLE LE PREMIER MINISTRE ! Par mon amie Brigitte Pascall qui donne un avis éclairé suite au débat télévisé opposant deux visions de la société. Celle au service des riches, du patronat, du libéralisme et celle à la reconquête d’une alternative politique profonde fondée sur une gauche forte, incarnée par Jean Luc Mélenchon de la France Insoumise, portant des politiques de solidarités, de meilleure répartition des richesses, d’une rupture totale avec les politiques austéritaires. C’est cette vision de la société qui a été vainqueur hier soir lors de ce débat. Bally Bagayoko]

“JLM a été très offensif. Dans son débat d’hier contre le Premier Ministre. D’abord, il a eu les mots sensibles et justes, afin de parler “de la France qui souffre”. Et qui souffrira encore plus, lorsque les ordonnances seront validées par le Parlement : notamment à cause de l’inversion de la hiérarchie des normes. Du primat donné à l’accord d’entreprise. Et de la mise au rancart de la loi. Rappelant la célèbre phrase de Lacordaire : “entre la loi et la liberté, c’est la liberté qui opprime, la loi qui protège”(sic). Laissant Philippe piteux et sans réponse. Tandis que Salamé était obligée de lui dire que la citation était de Lacordaire, dont il n’avait visiblement jamais entendu parler. Il suffisait de voir son oeil vitreux pour s’en convaincre.

Autre temps fort du débat : lorsque le PM a reproché à JLM son mot de “coup d’état social”, le trouvant antidémocratique. Illico, Mélenchon a cité le titre du célèbre livre de Mitterand, “le coup d’état permanent”, critiquant le monarchisme de la Vème République. Sous-entendu, pendant des années et des années, Mitterand a pu critiquer librement le travail constitutionnel du Général de Gaulle, sans que jamais personne n’y trouve à redire. Ou l’empêche de parler.

C’est ça la vraie démocratie : la possibilité, sur une même question, d’avoir deux opinions opposées. Mais, comme l’explique Alain Badiou, “pour les libéraux, ce qu’il faut déraciner pour toujours, c’est l’idée même d’alternative au capitalisme mondialisé. Depuis Thatcher, les gouvernements libéraux en France, on est passé du deux à l’un. Ça c’est fondamental. Désormais, sur une question, il n’y a que la thèse libérale. Et cette unicité est le point clef du triomphe du capitalisme”(extrait de son ouvrage “Nôtre mal vient de plus loin”, édition Fayard, 2016. Toute l’entreprise idéologique de la France insoumise, à travers son programme “L’Avenir en commun”, c’est de réhabiliter, imposer, sur une même question ces deux thèses en présence : la thèse libérale et la thèse humaniste à la Victor Hugo. Personne ne nous empêchera d’exposer nos idées différentes, sauf à dire que nous ne sommes plus en démocratie…!

Résultat : JLM a écrabouillé Philippe. Ce n’est pas moi qui le dit mais un sondage : 72% des auditeurs ont été convaincus par la prestation de JLM. 28% à peine du propos de Philippe. Même que je m’inquiète vraiment pour son avenir. Il suffisait de le voir baisser la tête devant Salamé, comme un mauvais élève qui n’a pas appris sa leçon de géographie, pour se faire une idée très précise de son incompétence. Et je ne parle pas de l’ennui létal, que nous avons du subir jusqu’à 22 heures 30, heure où enfin JLM est arrivé sur le plateau. Y mettre son punch, ses arguments vivants, ses vraies qualités de débatteur.

Les médias bien sûr n’en ont pas parlé. Ce matin, Ils préfèrent bassiner les gens sur “un débat à fleurets mouchetés” (BFMTV, France Inter…), “élément de langage” visiblement imposé par l’Elysée himself. Un mensonge de plus dans ce monde de brutes.

Mais la grande leçon de ce débat est ailleurs. Lacordaire, Mitterand : à force d”occulter le passé (modification des programmes d’Histoire) comme technique bien connue du maintien de l’ordre ; faire en sorte que le Peuple obéisse craintivement, les “élites” dites éduquées sont encore plus ignorantes de notre culture historique et idéologique. C’est le principal enseignement du débat d’hier soir. Comme disait Montalembert, “ce sont les grandes mémoires qui font les grands peuples”. On pourrait également dire : “Ce sont les hommes politiques qui ont de la mémoire comme JLM, qui feront les grands dirigeants de demain !” Brigitte Pascall