Mon interview à lire dans la Tribune Chrétienne

Saint-Denis est l’un des hauts lieux de l’histoire chrétienne de la France : que représente pour vous la venue du pape Léon XIV dans cette ville ?

Saint-Denis n’est pas une ville comme les autres.

C’est une commune nouvelle de près de 150 000 habitants, avec près de 150 nationalités d’origine différentes. C’est une ville populaire, jeune, profondément diverse, mais aussi une ville qui porte une histoire exceptionnelle, notamment chrétienne et nationale.

La basilique-cathédrale de Saint-Denis est un lieu majeur de cette histoire. Elle est la nécropole des rois et des reines de France, mais elle est aussi, avant cela, un lieu de foi, de spiritualité et de transmission chrétienne.

En tant que maire musulman, je n’ai aucune difficulté à reconnaître cette réalité. Au contraire : respecter la foi de l’autre commence par respecter son histoire.

La venue du pape Léon XIV est donc un événement important et particulièrement symbolique pour Saint-Denis. Je souhaite qu’elle puisse être vécue dans un esprit de fraternité, de respect et de dialogue.

Je suis un maire musulman, mais je suis aussi un maire français. Mon identité française ne commence pas avec mon origine familiale. Elle est faite de toutes les histoires qui ont contribué à construire notre pays. L’histoire chrétienne en France en fait évidemment partie.

Ce dialogue avec les chrétiens n’est d’ailleurs pas une posture de circonstance. Depuis de nombreuses années, bien avant d’exercer les responsabilités qui sont les miennes aujourd’hui, j’entretiens des relations avec des représentants et des membres de la communauté chrétienne, particulièrement catholique.

Vous avez contesté l’élection de Stéphane Bern à la présidence de l’association « Suivez la Flèche ! ». Quelles sont vos réserves et quelle vision défendez-vous pour ce projet ?

Il faut d’abord rappeler que l’association « Suivez la Flèche ! » a été créée sous l’impulsion de Patrick Braouezec, alors maire de Saint-Denis, puis présidée par Mathieu Hanotin lorsqu’il est devenu maire.

Stéphane Bern est membre de cette association depuis de nombreuses années. Ses compétences en matière de patrimoine sont réelles et reconnues. Mais elles l’étaient déjà lorsque d’autres majorités municipales et d’autres maires présidaient l’association.

La question que je pose est donc simple : pourquoi cette candidature intervient-elle aujourd’hui et dans ces conditions ?

Selon les éléments dont je dispose, c’est l’État qui aurait encouragé Stéphane Bern à se porter candidat et qui aurait entrepris de réunir les soutiens nécessaires à son élection. Je le dis avec prudence : il s’agit de ma lecture politique de la séquence, et non d’une accusation judiciaire. Si des irrégularités juridiques ont été commises, il appartiendra aux juridictions compétentes de le déterminer.

J’ai précisément contesté les conditions dans lesquelles cette élection s’est déroulée. Plusieurs questions sérieuses se posent notamment sur la composition et le fonctionnement des instances ayant préparé le scrutin, la participation de certaines personnes morales, l’exclusion de deux sièges ou encore la situation particulière de l’architecte en chef des Monuments historiques.

Mais, au fond, le sujet dépasse largement la régularité d’un scrutin ou ma propre personne.

Je suis aujourd’hui maire de la commune nouvelle de Saint-Denis / Pierrefitte-sur-Seine et président de Plaine Commune. Je représente un territoire de près de 150 000 habitants, une ville populaire, diverse, multiculturelle et multiconfessionnelle.

La question est donc de savoir quelle conception nous avons de Saint-Denis et de son patrimoine.

Veut-on une représentation locale pleinement assumée, capable de porter la diversité contemporaine de Saint-Denis tout en respectant son histoire chrétienne et royale ? Ou souhaite-t-on une représentation davantage définie depuis l’extérieur ?

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