Lors du conseil municipal, les élus du groupe Socialistes, Écologistes et Citoyens, membres de l’opposition municipale, ont présenté un vœu intitulé : « Vœu pour la protection des filles et des femmes contre l’excision et les mutilations sexuelles féminines et pour l’adoption de la loi intégrale VSS ».
Nous avons exprimé notre plein accord avec les objectifs de lutte contre l’excision et les mutilations sexuelles féminines :
En rappelant la réalité de ce phénomène dans notre commune, où près de 500 patientes sont suivies chaque année, ainsi que les conséquences dramatiques de ces mutilations.
En saluant le travail remarquable de la Maison des femmes, de l’hôpital Delafontaine et des associations, engagés au quotidien auprès des victimes.
En demandant à l’État de renforcer les moyens consacrés à cette lutte, notamment en matière de médecine scolaire, de suivi médical et de prévention.
Notre abstention ne portait donc absolument pas sur la nécessité de combattre l’excision. Elle concernait une seconde revendication introduite dans le vœu : l’adoption au plus vite de la loi intégrale sur les violences sexistes et sexuelles (VSS).
En effet, la proposition de loi avait été largement amendée lors de son examen en commission à l’Assemblée nationale, la semaine même du conseil municipal, et devait encore évoluer. Dans ces conditions, nous ne pouvions cautionner par avance un texte dont le contenu définitif restait incertain et sur lequel nous avions des réserves.
Nous avons donc demandé un amendement mineur : retirer du titre et du contenu du vœu les mentions relatives à l’adoption de cette loi, afin de nous permettre de voter favorablement le texte consacré à la lutte contre l’excision.
Cette demande était simple, ciblée et aurait permis de dégager un consensus sur un sujet aussi essentiel que la protection des filles et des femmes.
Pourtant, les élus de l’opposition à l’origine du vœu ont refusé cette modification. Ce refus donne le sentiment que leur objectif n’était pas de rechercher un accord, mais de placer délibérément la majorité municipale et le maire dans un piège politique, en les contraignant soit à cautionner un volet contesté du texte, soit à s’exposer à des accusations injustifiées sur leur engagement contre l’excision.
Nous refusons cette instrumentalisation d’un sujet aussi grave. La lutte contre les mutilations sexuelles féminines ne doit pas servir de prétexte à des manœuvres politiciennes.
Nous avons donc choisi de nous abstenir, comme nous l’avions annoncé, afin de ne pas faire obstacle à l’adoption du vœu, tout en refusant de cautionner l’intégralité de son contenu. Le vœu a ainsi pu être adopté par le Conseil municipal.
Notre position est claire : nous sommes pleinement engagés dans la lutte contre l’excision, mais nous refusons les amalgames et les tentatives de mise en accusation politique.
Notre détermination reste entière. Nous continuerons à agir aux côtés des professionnels de santé, de la Maison des femmes, de l’hôpital Delafontaine et des associations pour protéger les filles et les femmes, dans notre commune comme au-delà.


