PRESIDENTIELLES 2017 : DES PROPOSITIONS DE GAUCHE POUR SORTIR DE L’IMPASSE….C’EST POSSIBLE…

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Les quatre crises que nous subissons n’ont cessé de s’approfondir sous la pression du Medef et de la Commission européenne :

crise sociale, avec près de 6 millions de chômeurs, montée continue de la précarité et de la pauvreté, crise économique, avec l’étouffement de la reprise attendue, crise financière, avec une dette qui frise maintenant les 100 % du PIB, crise écologique, aggravée par l’inaction devant la montée des menaces sur l’environnement.

Cette politique ouvre un boulevard à la droite et à l’extrême droite. Les élections municipales, européennes, sénatoriales, départementales, régionales ont été catastrophiques pour la gauche. L’élection de 2017 peut être une victoire, si elle redresse, rassemble, redémarre autour d’un nouveau programme de gouvernement pour les 5 ans à venir. Un programme de transformation sociale, de redistribution des richesses, de développement économique et écologique, de renouveau démocratique.

I- Faire sauter le verrou de la politique libérale de l’Union européenne

Le TSCG (le traité Merkel-Sarkozy) a été adopté en octobre 2012 sans qu’une virgule n’en soit changée.

Les objectifs inatteignables fixés par le TSCG ont avant tout pour fonction d’imposer les « réformes structurelles » du MEDEF et de la Commission européenne. C’est cela qui est à l’œuvre et que nous rejetons. Loin de « préserver notre modèle social », ce sont nos acquis sociaux qui sont dans le collimateur de la Commission européenne.

Le TSCG est inappliqué et inapplicable. Un gouvernement de gauche unitaire en prendra acte et refusera de laisser la Commission européenne dicter sa loi. Les crises économique, sociale et financière qui taraudent l’Union européenne plus fortement que d’autres régions dans le monde, trouveront leur expression sur le plan politique. C’est à la gauche de répondre en remettant la construction européenne à l’endroit dans un sens démocratique et social. A défaut, la crise politique s’approfondira avec un Front national en embuscade. Ce serait la voie de la régression et de la souffrance pour la majorité de notre peuple.

Faire sauter le verrou des politiques technocratiques de la commission européenne est possible. Il n’est pas possible de traiter la France avec la même cruauté que la Grèce. C’est une question de rapport de forces. Le PIB de notre pays représente 20 % de celui de la zone euro contre moins de 3 % pour celui de la Grèce. Une Union européenne sans la France est inimaginable et l’Allemagne serait la première à en pâtir.

C’est donc une question de volonté. Notre gouvernement ouvrira un chemin et dans toute l’Europe se lèveront des soutiens.

II- Deux mesures pour se donner les moyens d’une autre politique :

  1. Une vraie réforme fiscale

Elle annulera l’augmentation de la TVA de décembre 2012. Elle reviendra sur les niches fiscales des grandes sociétés. Celles-ci représentent des manques à gagner d’une grande ampleur pour les finances publiques : 34 milliards d’euros pour le « régime des sociétés mères-filiales », 18 milliards d’euros pour le « régime d’intégration fiscale » ! Et, le « pacte de responsabilité » a ajouté une nouvelle niche !

La réforme fiscale devra :

– instaurer un impôt sur le revenu réellement progressif, en revenant aux 13 tranches d’imposition (de plus de 5 % à plus de 65 %) que la droite avait progressivement ramenées à cinq tranches,

– rétablir un impôt plus important sur les grandes sociétés que sur les moyennes et petites, réellement indépendantes des grands groupes : 1 000 entreprises produisent 50 % du PIB.

C’est à leur niveau que tout se joue.

S’il y a des difficultés, c’est à cause du coût du capital et non pas du travail. Des mesures exceptionnelles seront prises contre les dividendes qui ne cessent de croître.

La réforme fiscale s’accompagnera d’une lutte sans merci – avec des moyens humains – contre la fraude et l’« optimisation fiscale » qui coûte chaque année 80 milliards d’euros à l’État.

2. Une vraie loi bancaire :

Aucune véritable leçon de la crise de 2007-2008 qui avait amené l’économie mondiale au bord du gouffre n’a été tirée. Le lobby bancaire n’a pas à décider en lieu et place de la puissance publique.

Une loi séparera les activités des banques. D’un côté, les banques spéculatives (78 % du total des bilans des banques aujourd’hui), de l’autre les banques de financement des ménages et des entreprises.

Les banques spéculatives pourront alors faire faillite, sans faire courir de risque à l’ensemble de l’économie.

Nous engagerons la diminution drastique des frais imposés aux usagers des banques.

La puissance financière de la Banque publique d’investissement sera rapidement multipliée par 10 pour pouvoir lui permettre de jouer son rôle de bras armé d’un État stratège.

III- Redistribuer les richesses, maintenant !

  1. Augmenter les salaires et les minimas sociaux, hausser le SMIC de 10 % !

Dès la mise en place du nouveau gouvernement, le point d’indice dans la Fonction publique sera relevé. De même, sera augmenté d’un euro le smic horaire ou de 10% le Smic mensuel (une hausse de 150 euros par mois).

Cette hausse du Smic sera un formidable encouragement aux négociations annuelles obligatoires dans les entreprises privées et les branches, pour ajuster à la hausse les grilles salariales. Cela relancera la demande pour en finir avec la stagnation qui détruit des emplois. La revalorisation des minima sociaux sera engagée en parallèle à l’augmentation du Smic.

Parallèlement, il sera instauré un « salaire maxima » qui ne saurait dépasser 20 fois le Smic.

Enfin, l’avenir c’est la jeunesse il faut enfin instituer une allocation d’études et d’autonomie pour la jeunesse en formation.

2. Encadrer les loyers et construire des logements sociaux, réduire les factures d’énergie

L’insuffisance d’offre de logements pousse à la spéculation et à la hausse des loyers. Cette tendance doit être inversée. Le financement de la construction de nouveaux logements sociaux – respectant les normes environnementales – est une nécessité absolue pour lutter contre le réchauffement climatique. C’est aussi un gisement de croissance pour le secteur du bâtiment.

Une nouvelle hausse du plafond du livret A, une juste rémunération de celui-ci, permettrait de faire progresser les encours utiles au financement de logements sociaux et à la rénovation thermique du parc actuel. L’aide de l’État à des placements comme l’assurance-vie (1 600 milliards d’euros), doit avoir pour contrepartie le financement de politiques publiques : la reconversion énergétique de l’habitat social, avec la baisse du coût de l’énergie et de l’empreinte carbone.

Des objectifs de haut niveau doivent être fixés concernant l’offre de logements et l’encadrement du montant des loyers afin de redonner du pouvoir d’achat aux familles comme aux jeunes.

3. Revenir à la retraite à 60 ans sans décote et renforcer la protection sociale

Les licenciements des seniors se sont poursuivis, encouragés par le recul de l’âge de la retraite. Les mesures en faveur des carrières longues s’en sont trouvées en partie vidées de sens pour les salariés licenciés ayant commencé à travailler jeunes.

Le retour à la retraite à 60 ans sans décote est indispensable. C’est vrai pour la santé, pour la qualité et l’espérance de vie. C’est utile pour combattre le chômage.

Au-delà de la retraite, c’est toute la protection sociale qu’il faut conforter en augmentant son budget en même temps que les cotisations sociales patronales. Maladie, vieillesse, famille, accidents du travail et maladies professionnelles : notre protection sociale est un trésor à protéger de la rapacité des assureurs privés.

La perte d’autonomie, enfin, doit être prise en charge à tout âge par un régime solidaire dont il faut jeter les bases dès maintenant.

Enfin, nous ouvrirons le chantier de la sécurité sociale et, en particulier du maquis entre complémentaires, régimes de prévoyances et de mutuelles, vers une cotisation universelle pour toutes et tous.