[Ma contribution au débat du PCF sur les présidentielles, pour la section de Saint-Denis]

Pour une alternative de contenu et pour la création d’un nouveau rapport de forces

Depuis plusieurs mois, je suis déjà persuadée, comme nombreux communistes et progressistes, que l’alternative passe par un Front commun progressiste, le programme “L’humain d’abord” et que la candidature de Jean Luc-Mélenchon, après l’élan construit avec nous en 2012, reste la mieux placée pour représenter nos aspirations.

Le Parti Communiste Français auquel je suis fière d’appartenir a participé aux différents moments de progrès social dans notre pays : des acquis du Front Populaire à la création des minima sociaux ; de la résistance et la création du système de sécurité sociale à l’arrivée des premières femmes élues et la lutte pour le droit à l’IVG ; de l’engagement pour le logement social massif à la création des 35 heures, pour ne citer que quelques acquis importants. Nous sommes des militant-e-s de terrain engagé-e-s aussi dans les débats progressistes locaux et internationaux de notre temps. Tout cela nous tient débout ! Notre place est aux côtés des mouvements sociaux, des syndicats, des travailleuses et travailleurs, des jeunes, des réseaux associatifs et internationaux de solidarité.

Aujourd’hui, le panorama politique, en France, mais aussi dans le monde, met en évidence que les “grands partis” de centre-gauche ne font que décevoir la population avec leurs renoncements et les régressions sociales (comme le PS actuel au gouvernement). Cette trahison et l’échec de la gauche social-démocrate ne fait que contribuer à la droitisation des esprits, à la médiocrité des débats et des propositions (“il n’y a pas d’alternative”) et à la poussée d’une extrême droite conservatrice et néolibérale à la fois.

Il nous revient de construire ce nouveau paysage politique à gauche. La rupture avec le gouvernement Hollande-Valls doit être claire, mais le message de rassemblement autour de notre projet aussi. C’est pour cette raison que nous devons reprendre le dialogue avec Jean Luc-Mélenchon en mettant en valeur ce que nous avons de mieux dans notre parti, la conviction et le travail des militant-e-s, la volonté de constituer toujours un moteur pour les avancés sociales et progressistes. Aujourd’hui, cela signifie la lutte contre l’austérité, un nouveau système politique pour plus d’inclusion citoyenne (VI République), le tournant écologique, de meilleures conditions pour les travailleurs et le peuple face au capitalisme financier et dans un contexte de tournant numérique, la priorité donnée aux valeurs humaines et humanistes face aux intérêts du Capital.

En Europe (du Sud notamment) et en Amérique latine, les conquêtes et les échecs de la gauche, le besoin de nouvelles compositions qui représentent plus les citoyennes et les citoyens, doit nous interpeller. Les différents mouvements de “forces insoumises” dans le monde aussi. Nous, en tant que PCF, sommes directement liés à ces courants.

Il suffit aussi d’entendre la population de Saint-Denis. Lors des tractages ou dans nos cités, le parti communiste reste une référence importante, mais aussi nos partenaires progressistes à travers le Front de Gauche et la notoriété et les discours porteurs d’espoir de quelques personnalités. C’est le nom de Jean Luc-Mélenchon qui leur parle. Construire une candidature pour les présidentielles c’est un effort qui prend du temps. Construire un programme et le partager avec la population aussi.

Plus que jamais, dans nos villes, dans notre pays et même au-delà, les gens ont besoin d’espoir. Nous devons leur montrer que la lutte et les convictions valent encore quelque chose, que la résignation n’est pas un choix, que nous avons des propositions et la capacité de l’emporter ou du moins de peser dans le débat et dans le rapport de forces, que nous ne “lâchons rien” au-delà des fatalismes et du status quo diffusés par les médias. Il faudra faire Front large, Front ensemble pour aller vers la reconquête des esprits, pour pouvoir même espérer rebondir dans notre territoire et au-delà. Sans espoir, sans enthousiasme, cela ne sera pas possible. Occuper les espaces et mettre en valeur les actions de nos élu-e-s partout, dans la perspective des législatives et pour surmonter le piège des présidentielles.

Enfin, dans le paysage politique français actuel, la seule candidature anti-austérité, porteuse d’avancées citoyennes et de véritables transformations sociales, tout en étant capable de rassembler le plus largement possible et de porter de l’espoir pour l’avenir, est celle de Jean Luc-Mélenchon. Nous aurons sans doute toute notre place en tant que PCF autour de cette candidature pour les présidentielles et pour les candidatures aux législatives qui représenteront ce projet progressiste en commun.

Silvia Capanema, le 31/10/2016