PRESIDENTIELLES : “Jean-Luc Mélenchon repeint en ennemi de classe, il fallait y penser, il fallait oser” par mon camarade François Cocq

PRESIDENTIELLES : “Jean-Luc Mélenchon repeint en ennemi de classe, il fallait y penser, il fallait oser” par mon camarade François Cocq

Rien ne nous sera épargné…alors que les militants communistes sont appelés à se prononcer cette semaine sur la candidature soutenue par leur parti à l’élection présidentielle, voilà qu’un organe du PCF, sa commission économique, excusez du peu, met en circulation un document à charge à l’encontre de Jean-Luc Mélenchon et du programme de la France Insoumise intitulé : «Le programme de la France insoumise : des choix contraires à ce pourquoi nous combattons ». A charge donc car le document en question ne constitue pas un cadre d’analyse pour la discussion mais rien moins qu’un pugilat à l’encontre de Jean-Luc Mélenchon présenté comme l’adversaire de classe à abattre.

Jugez plutôt : le programme adopté par la France Insoumise serait « fondamentalement contraire à toute perspective de rassemblement à gauche » et « sa logique est radicalement opposée à ce pourquoi nous combattons. » D’ailleurs, « plusieurs mesures de politique économique préconisées par Jean-Luc Mélenchon seraient d’ailleurs de graves obstacles à la réalisation d’un programme de progrès social ». On ne peut pas dire que les rédacteurs fassent dans la nuance : Jean-Luc Mélenchon repeint en ennemi de classe, il fallait y penser, il fallait oser !

Certes le texte s’embrouille considérant ensuite que le programme de la France Insoumise serait « un programme social-démocrate très étatique, encore plus timide que ceux qui ont échoué à plusieurs reprises contre la crise du capitalisme contemporain, en France(1981-1983) comme ailleurs en Europe ou en Amérique latine ». Cocasse…Au fil des lignes, ceux qui appellent à rassembler la gauche renvoient donc ledit ennemi de classe parmi les sociaux-démocrates. Bon courage pour construire votre rassemblement…

Mais là où le document du PCF prête moins à rire, c’est quand il range explicitement Jean-Luc Mélenchon au rang des nationalistes et l’assimile à l’extrême-droite à la manière des pires commentateurs aux ordres du grand capital : « Quand on cherche plus profondément quel pourrait être le facteur sur lequel Jean-Luc Mélenchon compte asseoir la crédibilité de son programme, on le trouve : c’est une forme de nationalisme […]  On ne peut pas considérer comme un simple dérapage son discours en séance du Parlement européen selon lequel ce sont les travailleurs détachés, et non le capital, qui « volent le pain » des travailleurs sur place. Il prend au contraire un singulier relief au moment où, partout en Europe, nationalismes et tentations autoritaires instrumentalisent les souffrances sociales des victimes de la mondialisation financière et des politiques d’austérité. » Avant que de renvoyer Jean-Luc Mélenchon au rang d’un Trump français : « Ainsi de l’insistance sur le protectionnisme, certes qualifié de ‘solidaire’, qui intervient à toutes les pages du programme économique de la ‘France insoumise’. De façon comparable à ce que portent les forces nationalistes qui montent dangereusement en France comme en Europe ou aux États-Unis en faisant assaut de démagogie populiste, cette insistance revient à poser la France en opposition à un monde dangereux dont il importerait de se protéger par la puissance de l’État national au nom d’un ‘indépendantisme français’ ». Puis de faire de lui un dictateur en puissance : « Tout son programme est fondé sur la croyance que la toute-puissance de l’État – et particulièrement de son chef-… » . Odieux.

Certes l’outrance du propos discrédite ses auteurs et on pourrait sourire qu’en quatre pages l’ennemi de classe glisse vers le social-démocrate puis vers le national-populiste réunis sur un même bateau. Ce gloubi-boulga de la pensée atteste que le seul but recherché est de nuire et non de décrire. Mais la méthode ne peut-être ni acceptée, ni tolérée. Que cherche le PCF en créant de tels amalgames ? N’a-t-il pas lui-même été victime de ce procédé grossier quand des médias ou la fine fleur du PS assimilaient encore récemment ses positions à celles de l’extrême-droite ? N’avons-nous pas eu de cesse, les uns et les autres, de nous élever contre ces façons de faire pour se les voir aujourd’hui infligées par des personnages de notre propre camp ? Les coupables de ces propos se frappent eux-mêmes d’ignominie et doivent savoir que celle-ci ne leur sera pas pardonnée.

De tels procédés interdisent de répondre sur le fond à l’interpellation sauf à donner crédit à cette manière de faire. C’est bien dommage car la construction artificielle des désaccords par les économistes du PCF serait facilement ébranlée par le retour à l’Humain d’abord pour mesurer le prolongement dans lequel le programme de la France Insoumise s’inscrit. Mais elle amènerait aussi à s’interroger sur quelques positions cocasses défendues par les auteurs. Comme par exemple cette croyance européiste dévote qui amène à continuer à faire de la BCE la clé de voûte de toute politique publique ; ou cette obsolète « ambition de transformer la mondialisation », comme s’il ne fallait tirer aucun enseignement des cinq années qui nous séparent de 2012…

Je m’arrête là pour ne pas rentrer dans le jeu de ceux qui ont tout fait pour que ce texte ne soit pas l’objet d’un débat argumenté. Pourquoi d’ailleurs ce document est-il mis en circulation aujourd’hui ? Que les auteurs ne l’ont-ils pas fait avant, dans la phase de construction publique du projet l’Avenir en commun, s’ils avaient effectivement des choses à dire ?  L’objectif était-il de nuire ou de co-construire ? La réponse est dans la question.

A ce stade, on en est conduit à s’interroger sur qui tire dans le dos de qui quand toutes les dernières enquêtes d’opinion et plus encore les retours de nos compatriotes confirment que Jean-Luc Mélenchon est le candidat de notre camp le mieux placé pour atteindre le second tour.

Si l’objectif réaffirmé en boucle par les communistes était réellement de battre la droite et l’extrême-droite, ils se saisiraient du levier incomparable que constituent Jean-Luc Mélenchon, la France insoumise et leur ancrage dans le mouvement populaire, et apporteraient leur contribution qui serait non négligeable à cette dynamique. A tout le moins pourrait-on espérer qu’ils ne cherchent pas à la briser. Tandis que nous ferraillons de notre côté contre la droite, le texte émis par le PCF à travers sa commission économie constitue pourtant une agression incompréhensible et injustifiée.

François Cocq

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