Cher Didier, cher camarade,

Comme tu as certainement pu le constater, la campagne électorale en vue de l’élection présidentielle et des élections législatives du printemps prochain se déploie actuellement dans l’espace militant et médiatique, avant de gagner la société française au sens large. Il en est ainsi de ce grand rendez-vous démocratique, même si nous en déplorons, comme toi, le caractère central dans nos institutions.

Même si les institutions de la Ve République nous apparaissent définitivement usées et peu propices à l’exercice d’une démocratie pluraliste, il ne nous semble pas possible de passer à côté d’un moment démocratique mettant en mouvement d’aussi grands pans de notre société.

Dans cet esprit, il ne nous semble également pas possible que le maire d’une grande ville populaire comme Saint-Denis reste à l’écart d’une telle campagne, pour des raisons historiques, politiques et sociétales.

En effet, Saint-Denis, ville historique du mouvement ouvrier, où convergeaient en 1934 les « armées de la faim » appelant le Front Populaire, est restée un symbole politique contemporain : ville de plus de 100 000 habitants dirigée par un maire communiste, terre des luttes contre la désindustrialisation, elle a su devenir un territoire d’expérimentation de transformation sociale, une cité de banlieue qui ne s’est résignée ni à la gentrification, ni à la relégation sociale, qui a voulu continuer à faire ville au sens noble du terme.

C’est à ce titre qu’elle constitue un symbole sociétal fort : à l’heure où le discours identitaire et les raidissements sur une vision de la nation que l’on croyait révolue partout se développent, Saint- Denis proclame le caractère éminemment politique de la citoyenneté dans notre pays, c’est-à-dire le choix de vivre ensemble dans un espace civique, sans distinction de genre, de religion, d’origine ou de sensibilité philosophique.

Le caractère démesurément médiatique et publicitaire de l’élection présidentielle, et la boursouflure de l’étendue des pouvoirs du président de la République ne sont pas, tu le sais, nos seules réserves quant à cette élection. Son caractère fort peu démocratique est renforcé par la règle inique qui veut qu’un candidat doive impérativement réunir 500 signatures d’élus pour participer au premier tour.

Alors que l’élection présidentielle renforce puissamment la compétition entre des partis institués qui se transforment en écuries, ce système épuise les candidats alternatifs dans une quête éperdue de parrainages avant de pouvoir concourir.

Il nous semble que la candidature de Jean-Luc Mélenchon s’accorde bien au caractère particulier de Saint-Denis : plaidoyer vibrant pour une société plurielle et métissée, lutte pour un meilleur partage des richesses et contre l’argent-roi. Toutes deux conjuguent l’insoumission.

Il nous semble, à ce titre, pertinent et symbolique de solliciter ton parrainage, camarade, pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle.

Pour la France Insoumise, le groupe d’appui de Saint-Denis Insoumise

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