[#Hayat Dhalfa Repose en paix, une femme digne , debout devant la maladie et victorieuse dans les luttes sociales… Hayat c’est avec une grande tristesse que j’écris ces quelques lignes pour poser ma pensée dans ce moment de tristesse survenu à l’annonce de ta disparition. Bally Bagayoko]

Tu as lutté hier comme aujourd’hui devant cette maladie qui a fini par avoir raison de toi, mais pas de ton âme ni de tes oeuvres pour le bien commun. Femme d’engagements au service de l’autre qui souffre, au service de celui qui est opprimé , auprès de celui et celle qui est marginalisée du fait d’un système libérale destructeur . Un systeme que tu n’as eu de cesse de combattre avec le refus de faire lui faire allégeance. Un modèle animé par l’argent roi. Femme d’honneur avec qui j’ai eu le plaisir de mener des luttes et porter des convictions communes de gauche. Jamais tu n’as abandonné tes convictions devant un discours dominant et discriminant. Tu as porté avec fierté et jusqu’à ton dernier souffle ton amour pour nos quartiers populaires, de notre département de la Seine Saint Denis, cette ville de Saint Ouen que tu avais au coeur.

Les valeurs de la République dans une main, ceux de la laïcité de l’autre en passant par la défense des classes populaires, tu t’en vas. Force et honneur à toi, digne femme. Toutes mes condoléances à tes proches à ta famille. Ton départ trop tôt à l’âge de 45 ans laisse un tsunami de tristesse. Jusqu’à ton dernier souffle tu auras relevé tous les défis qui se présentaient à toi sans jamais baisser les yeux , sans jamais rien lâcher sur tes valeurs et restant debout. La marque d’une grande dame que tu es. Nous avons eu l’occasion de mener des luttes importantes autour des enjeux sociétaux majeurs : le débat sécuritaire, fichage et autres restrictions des libertés individuelles, le processus de disqualification des classes populaires, la jeunesse, l’immigration. Sur l’ensemble de ces sujets et bien d’autres tu as toujours su opposer au fatalisme , la force de tes convictions et de ta détermination. Tu n’a eu de cesse que d’agir pour redonner du crédit à la politique, de revaloriser les fondamentaux de la gauche.

L’élue que tu étais, avait coutume à juste titre de revendiquer ta volonté de regagner de la capacité contestataire, de la capacité de proposition, de la capacité de mobilisation. Ton engagement était entier au service du bien commun au péril de ta vie. Tu as raison «ça suffit comme ça » une réplique que tu aimais dire ! Repose en paix digne femme d’honneur.

Bally BAGAYOKO