Communiqué

[#Sierra Leon au cœur, mes larmes coulent pour toi. Une pensée pour les disparus, courage et solidarité pour tout le peuple de Sierra Leon, les familles en deuil. Force et détermination pour les secours et les aides nationales et internationales, tout en restant lucide sur la situation. Bally Bagayoko]

Au rage ! Au désespoir ! Quelle est cette sonorité mortuaire qui ne cesse de retentir de manière constante et tout particulièrement cette semaine des vies inestimables perdues!

Lorsque ce ne sont pas les terroristes assassins, qui décident d’écourter des vies d’innocents, c’est un déséquilibré qui s’en prend à de paisibles et inoffensives personnes attablées. Ici c’est la nature qui prends sa revanche sur l’humain avec la perte de vies humaines lourdes. Plus de 400 morts dont plus d’une centaine d’enfants et environ 300 personnes disparues, à la suite de pluies diluviennes, qui ont provoqué des coulées de boues et des glissements de terrain durant plusieurs jours. La mobilisation acharnée des forces de secours Sierra Leonnaises, qu’il faut saluer ; si elles n’ont pu empêcher ces pertes de vies humaines, elles ont néanmoins pu arrêter la spirale infernale du nombre déjà important de décès. Toutes mes condoléances à l’ensemble des familles endeuillées, aux proches. Toutes mes condoléances particulières pour les Dionysiens-ennes, les ressortissants du territoire de plaine commune et du département de la Seine Saint Denis qui auraient des familles ou proches touchés par ce drame.

Le cas de la Sierra Leon, comme malheureusement tant d’autre région du monde, nous rappelle au combien l’humanité est en péril. Il ne s’agit plus d’une menace mais d’une promesse dont le compte à rebours est lancé et en action constante. Le rechaussement climatique en est la conséquence, lié principalement au mode de consommation et de production surréaliste en particulier des pays dit développés, qui sont les principales responsables de ces catastrophes dites atmosphériques, climatiques, donc la cause, est humaine.

De manière suicidaire, nous prélevons de manière inconsidérée plus que de besoin à la nature, aux eaux, à l’air que le temps nécessaire pour restaurer ces richesses inestimables pour préserver la vie humaine, animale. Partout nous observons la montée des températures, des pollutions, du déplacement des populations…

Malheureusement, les personnes tuées dans cette catastrophe ne sont pas les principales responsables mais sont des victimes doublement condamnés.

D’abord par la spoliation des richesses de leur pays et ensuite par les conséquences de la sur production de ces mêmes grands États qui investissent dans ces pays tout en détruisant des vies humaines à souhait et sont les premiers à faire montre de l’appel du cœur. Stop à l’hypocrisie, pas question de soutenir ces actions de la première industrie de production de fosses communes.

C’est aussi ce scandale sans nom qu’il nous faut condamner. Et les appels à la solidarité où les aides internationales accordées ne changeront pas cette réalité s’il n’y a pas une véritable prise en compte de la problématique avec des investissements réels pour protéger les populations, par la maîtrise et la baisse du réchauffement climatique. Ces populations sont très souvent condamnés à s’éloigner et bâtir des habitations de fortunes qui se transforment en tombeau dès que l’heure de la revanche de la nature sonne. Et pourtant certains savent, mais décident délibérément de fermer les yeux. Honte à eux. S’il est vrai que la colère est mauvaise conseillère, l’annonce et la vue de cadavre humain jour après jour que l’on enterrent au rythme des créations des fosses communes, resteront toujours une violence profonde à l’humanité toute en entière. Même sur ces questions nous avons à gagner le droit à la dignité pour tous, contre la lutte des classes.

Mes larmes s’appellent Sierra Leon. Reposez en paix symbole d’une forme de résistance contre l’absurdité humaine. Votre départ dans les conditions désormais connues, doit interpeller en premier lieu les autorités internationales, Européennes, Africaines, les acteurs économiques sur les conséquences de la volonté sans cesse recherchée d’amasser des fortunes sur les vies humaines. Ces derniers sont soit complice, soit des meurtriers et des assassins.

Bally Bagayoko
Maire-Adjoint