[#Vie Étudiante: “je suis opposé au tirage au sort, pour une politique éducative totale de l’école à l’université et appel de mes vœux un stop de la loterie sur nos vies, de nos étudiants, stop à la sélection au mérite” ]

Lorsque l’illégalité devient la règle avec la complicité de l’État c’est en réalité le début de l’impasse organisée par un nombre important de jeunes étudiants-es dans leur projet d’avenir. La cinquième puissance économique mondiale que représente la France, le pays des droits de l’Homme, qui porte avec fierté à toutes occasions les symboles forts comme Liberté Égalité et Fraternité, n’a rien à offrir d’autre à nos jeunes étudiants que le hasard comme modèle de société. Cette industrie du hasard prospère souvent pour les mêmes étudiants issues des quartiers populaires ou encore des zones rurales.

Dans le cadre de mes audiences, je rencontre de nombreux étudiants-es confrontés-es à cette difficulté, qui se trouvent décourager, avec un sentiment d’être à nouveau les premières victimes de ces choix, sentiment d’être discriminés, relégués, humiliés et ne se reconnaissent pas pris en compte par la République. Cela est juste inacceptable.

Cette méthode renforce les difficultés auprès de certaine catégorie de jeunes étudiants en particuliers ceux qui n’ont pas les réseaux familiaux et professionnels établis. Elle instaure une pratique obscure où le clientélisme peut prospérer sous couvert d’un tirage au sort un peu orienté. Alors, hier comme aujourd’hui j’y suis opposé. Derrière ce principe illégal, se cache en réalité, l’absence de prise en compte suffisante par l’État des besoins, par des moyens humains et financiers adaptés. Car comme par hasard le tirage au sort a été institué en catimini entre les deux tours des élections présidentielles, sous l’impulsion scandaleuse de Najat Vallaud-Belkacem alors ministre de l’éducation , sans dialogue avec les organisations étudiantes et concerne principalement les filières en tension : Droit, santé, pharmacie, kinésithérapeute , sciences et techniques des activités physiques et sportives.

Chaque année avec cette logique absurde, indigne d’une société évoluée, sensée préparer l’avenir de sa jeunesse , c’est environ 3000 jeunes étudiants qui restent sur le bord du chemin, dans l’indifférence totale du ministère de référence. Alors le salue viendra par la mobilisation massive des étudiants en premier lieu et leur organisation étudiantes associée à l’ensemble des soutiens politiques, syndicales, parents. Il est urgent de s’attaquer en profondeur à la problématique qui aboutit à cette situation inacceptable par la création de filières et de places suffisantes, redonner les capacités financières et humaines aux universités en revenant sur le passage à l’autonomie des universités qui a considérablement aggravé la situation de gestion de ces établissements, renforcer la prise en compte dès l’école jusqu’à l’université en instaurant une véritable égalité par l’impulsion réelle de l’État et non par une politique de la chance, de la loterie et du hasard qui déciderai de briser où de sauvegarder des rêves.

Nous ne pouvons accepter cet idéal qui est une régression à tout point de vue et instaure une inégalité entre les étudiants de la République. Tout aussi opposé à la sélection au mérite par l’instauration d’un principe de pré requis. L’ambition premier de l’État doit être de faire réussir tous les enfants de la République et non de les trier ou de les opposer. Le critère de pré requis indique clairement un échec des politiques éducatives qui prennent leur source à l’école et au collège pour bon nombre de jeunes.

Alors plus que jamais l’action politique en matière éducative doit se penser dès l’enfance pour réussir à l’enseignement supérieur, pour éviter d’user de pratique approximative car la vie, les rêves, les projets de nos jeunes étudiants valent mieux.