VIOLENCES SEXISTES ET SEXUELLES : DES AVANCÉES INSUFFISANTES, NOUS DEVONS ALLER PLUS LOIN !

La lutte contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants est un combat essentiel pour notre société. Elle engage notre responsabilité collective et exige des actes concrets, des moyens financiers à la hauteur des besoins et une volonté politique durable.

En tant que maire de Saint-Denis / Pierrefitte-sur-Seine, je considère que la protection des victimes, la prévention des violences et l’accompagnement de celles et ceux qui les subissent doivent être des priorités absolues de l’action publique.

Si la loi dite « intégrale » comporte certaines avancées, elle demeure largement insuffisante au regard de l’ampleur des violences et des attentes légitimes des victimes, des associations et des professionnels de terrain.

Une loi ne peut être véritablement intégrale si elle ne s’attaque pas aux causes des violences.

La réponse judiciaire et pénale est indispensable, mais elle ne saurait suffire. Nous devons agir dès le plus jeune âge, renforcer l’éducation à l’égalité et au respect, développer la prévention, former les professionnels et déconstruire les mécanismes qui banalisent les violences sexistes et sexuelles.

Or, le texte adopté reste essentiellement centré sur le parcours judiciaire des victimes et la réponse pénale. Les mesures de prévention et de formation demeurent insuffisantes, tandis que certaines dispositions ont été reportées ou revues à la baisse au cours des débats parlementaires.

Nous ne pouvons pas non plus accepter que les ambitions affichées se heurtent à l’absence de moyens financiers suffisants. Les associations spécialisées, qui accompagnent quotidiennement les victimes, ont besoin de financements pérennes pour poursuivre leurs missions. Les soutenir, c’est garantir aux victimes un accueil digne, une écoute, une protection et un accompagnement dans la durée.

Les droits des femmes ne peuvent se limiter à des déclarations de principe. Ils doivent se traduire dans les faits, avec des moyens à la hauteur des besoins.

Nous devons également rester pleinement mobilisés pour que toutes les victimes soient protégées, sans distinction liée à leur origine ou à leur situation administrative. Aucune femme ne doit être privée de protection ou d’accompagnement. Face aux violences, la dignité humaine et l’égalité des droits doivent prévaloir.

À Saint-Denis / Pierrefitte-sur-Seine, nous savons que la lutte contre les violences sexistes et sexuelles nécessite une mobilisation de tous les instants. Elle suppose de travailler avec les associations, les services publics, les professionnels de santé, les acteurs éducatifs et l’ensemble des partenaires qui interviennent auprès des victimes.

Notre responsabilité est de faire vivre cette mobilisation, de renforcer les dispositifs de proximité et de faire en sorte que chaque victime puisse être entendue, accompagnée et protégée.

Je tiens également à saluer l’initiative du groupe parlementaire La France insoumise – Nouveau Front populaire, qui proposera, dans le cadre de sa niche parlementaire du 29 octobre, une proposition de loi visant à permettre le remboursement par la Sécurité sociale des soins destinés aux adultes victimes de violences sexistes et sexuelles, alors que la loi dite « intégrale » limite cette prise en charge aux seuls mineurs.

Cette proposition porte une exigence fondamentale : aucune victime ne doit être laissée seule face aux conséquences des violences qu’elle a subies. La reconstruction nécessite du temps, un accompagnement adapté et un accès aux soins qui ne saurait dépendre des ressources financières des victimes.

La protection et la réparation ne peuvent s’arrêter à la majorité. Les adultes victimes de violences doivent, eux aussi, pouvoir bénéficier d’une prise en charge à la hauteur de leurs besoins. Permettre à chacune et chacun d’accéder aux soins nécessaires, c’est reconnaître pleinement les conséquences des violences et donner aux victimes les moyens de se reconstruire.

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