Les révélations publiées hier soir par Mediapart sont d’une gravité exceptionnelle. Dans des échanges écrits datés du 18 octobre, un commissaire du renseignement territorial le dit sans détour : « On nous demande texto d’écrire que c’est LFI qui est derrière le mouvement ». Selon lui, c’est faux, et ses collègues le savent. Un ancien commissaire, un major de police, un responsable syndical : tous démentent la thèse imposée et décrivent une note sans valeur, rédigée sur commande politique.
Si ces faits sont confirmés, le gouvernement a détourné des services de renseignement pour accuser à tort le premier mouvement d’opposition du pays. C’est une affaire d’État. J’exige que le ministre de l’Intérieur s’explique devant la représentation nationale et que toute la lumière soit faite sur la chaîne de commandement qui a produit ces notes.
Cette manipulation ne tombe pas du ciel. Elle s’inscrit dans un acharnement méthodique contre la France insoumise. Des élections municipales remportées par les insoumis ont été annulées pour des erreurs commises sur des listes adverses. Chaque fiasco, chaque désordre, chaque échec du pouvoir trouve désormais son coupable désigné d’avance : LFI. Pour tout, et n’importe quoi.
Je le vis moi-même. Le préfet de police a saisi la justice contre moi pour « provocation à commettre un délit », à propos des blocages de lycées. Aucun élément objectif ne justifie cette procédure. Je ne demanderai jamais aux jeunes de mon territoire de se taire. Un maire qui parle à sa jeunesse n’est pas un délinquant.
Cet acharnement dit une chose : le système a peur. Il a peur d’un mouvement qui gagne des villes, mobilise les quartiers populaires et porte une alternative crédible.
Et qu’on cesse les caricatures. Augmenter les salaires, partager les richesses, défendre les services publics et la planification écologique : ce programme n’a rien d’extrémiste. Il existe en France des organisations réellement d’extrême gauche, avec lesquelles nous avons des divergences profondes et assumées. Nous coller cette étiquette, c’est fabriquer un épouvantail pour éviter le débat.
On ne nous fera pas taire. À Saint-Denis–Pierrefitte comme partout, nous continuerons.

