PISA 2025 : l’école, une urgence nationale et une priorité pour 2027 !

Les résultats de l’enquête PISA 2025, publiés par l’OCDE le 8 septembre 2026, constituent un véritable signal d’alarme pour notre pays. Les performances des élèves français atteignent un niveau historiquement faible et la proportion d’élèves en grande difficulté continue d’augmenter, notamment en mathématiques et en compréhension de l’écrit.

Cette situation n’est pas apparue en quelques mois. Elle est le produit d’une dégradation progressive de notre système éducatif, qui s’inscrit dans la durée et engage donc la responsabilité des gouvernements successifs. Mais les années de présidence d’Emmanuel Macron doivent également être pleinement assumées : depuis 2017, les politiques conduites n’ont pas permis d’inverser la tendance.

Les quartiers populaires paient le prix fort

Derrière la moyenne nationale, les inégalités sont considérables. Les élèves des quartiers populaires sont les premières victimes de cette dégradation.

À l’insuffisance des moyens s’ajoute un problème devenu structurel : l’absence de remplacement des enseignants. Lorsque des enseignants sont absents et ne sont pas remplacés, ce sont des heures de cours perdues, des apprentissages interrompus et des élèves qui prennent du retard.

Dans certains territoires populaires, l’accumulation de ces heures non remplacées revient, sur l’ensemble d’une scolarité, à faire perdre l’équivalent de plusieurs mois, voire de près de deux années d’enseignement à certains élèves. Ce n’est pas une fatalité : c’est la conséquence d’un État qui ne prévoit pas les moyens humains nécessaires pour assurer la continuité du service public d’éducation.

Cette situation est d’autant plus inacceptable que les territoires ne bénéficient pas des mêmes conditions d’enseignement.

L’égalité républicaine n’est pas une réalité

La comparaison entre Paris et la Seine-Saint-Denis est particulièrement révélatrice. Le niveau de moyens consacrés aux élèves n’y est pas à la hauteur des besoins : selon les indicateurs et les périmètres retenus, la dépense et les ressources mobilisées peuvent présenter des écarts considérables, alors même que la Seine-Saint-Denis concentre davantage de difficultés sociales et scolaires.

Comment parler d’égalité des chances lorsque l’État ne donne pas davantage à ceux qui ont davantage besoin ?

L’égalité républicaine ne peut pas signifier donner exactement la même chose à tous. L’égalité réelle consiste à donner davantage aux territoires et aux élèves qui partent avec davantage de difficultés.

Or, aujourd’hui, cette égalité réelle n’existe pas dans l’éducation.

Un enfant de Seine-Saint-Denis doit pouvoir bénéficier d’un enseignement de même qualité, avec des enseignants présents, remplacés lorsqu’ils sont absents, des classes permettant réellement d’apprendre, des personnels médico-sociaux en nombre suffisant et des dispositifs d’accompagnement adaptés.

Une responsabilité politique qui impose un changement de cap

Ces résultats obligent à regarder en face les choix politiques effectués depuis plusieurs années. L’éducation a trop souvent été considérée comme une dépense à maîtriser plutôt que comme le premier investissement pour l’avenir du pays.

Il ne suffit plus d’annoncer une nouvelle réforme ou de modifier périodiquement les programmes. Il faut reconstruire un service public d’éducation capable de garantir effectivement le droit à l’instruction de chaque enfant, quel que soit son lieu de résidence ou son milieu social.

Cela suppose notamment de :

  • garantir le remplacement des enseignants absents et mettre fin aux ruptures répétées de scolarité ;
  • renforcer massivement les moyens dans les quartiers populaires et les territoires en difficulté ;
  • rétablir une véritable politique de justice territoriale dans l’allocation des moyens ;
  • améliorer les salaires, les conditions de travail et la formation des enseignants ;
  • réduire les effectifs dans les classes qui accueillent les élèves les plus fragiles ;
  • renforcer les personnels d’accompagnement, sociaux, médicaux et éducatifs ;
  • faire de la maîtrise des savoirs fondamentaux une priorité ;
  • lutter contre le décrochage scolaire dès les premiers signes de difficulté ;
  • construire enfin une politique éducative stable, pensée sur dix ou quinze ans, et non au rythme des alternances politiques.

En 2027, l’éducation doit être au cœur du projet présidentiel

Le PISA 2025 ne doit pas être un classement de plus dont on commentera les chiffres pendant quelques jours avant de passer à autre chose.

Il doit provoquer un sursaut politique.

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, l’éducation doit être placée au cœur des propositions et du projet national.

Parce que derrière les statistiques, il y a des millions d’enfants et de jeunes qui jouent leur avenir. Parce qu’un élève qui perd des mois de cours faute de remplacement n’a pas les mêmes chances qu’un autre. Parce qu’un enfant qui grandit dans un quartier populaire ne doit pas avoir moins de droits scolaires qu’un enfant qui grandit dans un quartier favorisé.

L’égalité devant l’éducation ne peut plus être une promesse. Elle doit devenir une réalité.

Notre pays ne pourra pas réduire les fractures sociales, territoriales et démocratiques sans commencer par son école.

Faire de l’éducation la priorité de 2027, c’est choisir d’investir dans la jeunesse, dans l’égalité républicaine et dans l’avenir de la France.

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