Ce qu’il s’est passé à Royère-de-Vassivière dans la nuit du 15 août est grave. Et malheureusement, ce n’est ni un “dérapage”, ni un “accident”. C’est du racisme pur et dur. Une chasse raciale, des agressions violentes, des menaces fascistes proférées publiquement. Le tout dans un silence médiatique presque total.
Je veux saluer ici la mobilisation des plus de 300 habitant·e·s de la Creuse qui ont refusé de détourner les yeux. Je salue également la prise de parole courageuse des insoumis de la Creuse, ainsi que le soutien sans faille de nos député·e·s de La France insoumise. Parce qu’on ne peut pas prétendre défendre la République si l’on tolère qu’on y pourchasse des personnes noires.
Le racisme gangrène notre pays. Il tue. Et il n’épargne ni les quartiers populaires, ni les campagnes. Même combat : qu’on soit à Saint-Denis ou à Royère-de-Vassivière, nous faisons face au même poison, nourri par les discours d’extrême droite, toléré par trop de responsables, et relayé sans filtre par certaines chaînes d’info.
Quelques chiffres qu’on ne répétera jamais assez :
- En France, 60 % des contrôles d’identité ciblent les personnes perçues comme noires ou arabes.
- Une personne noire a 6 fois plus de risques d’être insultée ou agressée pour sa couleur de peau qu’une personne blanche.
- Les discriminations à l’emploi, au logement, à l’école restent systémiques.
Dans la Creuse comme ailleurs, le racisme ne se combat pas avec des demi-mots ou des silences complices, mais avec des actes forts.
Retrait des permis de chasse, saisie des armes, protection immédiate des victimes et des témoins, et fin de l’impunité pour les auteurs, y compris s’ils portent une écharpe tricolore.
Ce n’est pas un combat “identitaire”, c’est un combat politique, un combat pour l’égalité, pour la dignité, pour la justice.
Un combat antiraciste et anticolonialiste que nous continuerons à mener, partout.
Le 28 août 2025