À la pompe, la colère monte à nouveau. Le gazole dépasse désormais 2,28 € le litre et le SP95-E10 environ 2,12 €. Derrière ces chiffres, c’est le quotidien de millions de personnes qui se dégrade : des pleins toujours plus chers, des salaires qui stagnent et des fins de mois qui deviennent difficiles. Dans les quartiers populaires comme dans les villages et les campagnes, la voiture n’est pas un luxe : elle est souvent indispensable pour aller travailler, faire ses courses, emmener ses enfants à l’école ou accéder aux soins.
Il faut se souvenir de la mobilisation historique des Gilets jaunes. En 2018, la colère contre la vie chère et notamment contre la hausse des prix à la pompe avait rassemblé des millions de personnes à travers le pays. La hausse de la taxe sur les carburants avait été l’étincelle d’un mouvement profond dénonçant une politique qui faisait peser toujours davantage les efforts sur les classes populaires. Des ronds-points aux manifestations, un message était clair : on ne peut pas demander toujours plus à ceux qui travaillent pour vivre.
Aujourd’hui, cette réalité concerne particulièrement les métiers pour lesquels la voiture est incontournable : aides à domicile, infirmières, artisans, ouvriers, employés, chauffeurs, travailleurs du bâtiment, agriculteurs, commerçants ou salariés en horaires décalés. Dans les territoires ruraux, l’éloignement des services rend souvent la voiture indispensable. Dans les quartiers populaires, les transports collectifs ne permettent pas toujours de se déplacer facilement, notamment tôt le matin, tard le soir ou pour rejoindre certaines zones d’emploi.
La hausse du carburant ne s’arrête pas au prix affiché sur le compteur : elle renchérit les transports, les livraisons et, au final, l’alimentation et les produits de première nécessité. Pour y répondre, la France insoumise défend des mesures immédiates : blocage des prix des carburants, encadrement des prix et contrôle des marges, ainsi qu’une baisse de la TVA sur les carburants. Mais il faut aussi investir massivement dans les transports publics et les services publics, afin que chacun puisse progressivement se déplacer sans être prisonnier de sa voiture.
Plus de 2 € le litre : jusqu’où faudra-t-il aller ? Personne ne devrait avoir à choisir entre faire le plein pour aller travailler et remplir son frigo. La colère des Gilets jaunes nous a rappelé une chose essentielle : lorsque la vie devient trop chère, le peuple finit par se mobiliser. Bloquer les prix, protéger le pouvoir d’achat, développer les transports publics et faire passer les besoins populaires avant les profits : c’est une urgence sociale et écologique.


